Nouvelle foulée, nouvelles chaussures, les Brooks PureFlow 6… En route vers la course minimaliste !

Quand j’ai décidé de me mettre à la course à pied, c’était après les 17 km de Nordic Walking de Morat-Fribourg. Me faire dépasser par les coureurs m’a vraiment donné envie de me lancer dans ce sport que j’ai, je dois l’avouer, toujours détesté auparavant (sauf à l’école où j’étais parmi les meilleurs sprinteurs de ma classe, mais bon, ça, c’est quand j’étais jeune… 😀 ). J’ai donc commencé la course à pied sur route avec des chaussures de trail… Très mauvaise idée vous me direz mais n’oublions pas qu’à l’époque, j’étais une débutante et aujourd’hui, avec tout ce que j’ai appris récemment, je peux même dire que je suis une grosse débutante… Avoir couru un marathon n’y changera rien car je me rends compte que dès le départ, j’étais partie pour l’autogoal.

Dans l’espoir de pouvoir un jour passer la ligne d’arrivée d’un fameux Ironman 70.3, j’ai commencé à lire ceci

005419249

et j’ai appris que j’avais une foulée de « marcheur-coureur » avec une magnifique attaque talon (pas très prononcée mais tout même…). Marcheur-coureur, dans le sens ou quand je cours, ben c’est comme si je marchais, mais en accéléré, avec un minimum de « survol ». Le seul moment où j’ai une foulée de vrai coureur, c’est sur les 100 derniers mètres d’une course, lorsque j’accélère pour passer la ligne, fière, la tête haute. Sauf que ces derniers temps, avec mes tendinites, je garde le même rythme jusqu’au bout et vous pourrez constater, sur la vidéo du marathon de Zürich tout comme celle du triathlon de la Vallée de Joux que j’ai une foulée très dégueulasse, surtout quand une nana arrive juste derrière moi en « volant ». Bref, je suis un paquebot et ça fait 2 ans que ça dure ! 24 mois sans la moindre amélioration dont 5 mois d’arrêt de course lié à des TFL. Au bout d’un moment, on commence à se poser des questions quand on a investi plus de 600 balles dans 3 paires de chaussures « high-tech » avec un énorme amorti censé vous éviter ladite blessure… Est-ce que c’est seulement lié à un manque d’entraînement sérieux ou est-ce que ce ne serait pas autre chose ?

J’ai vu quelques vidéos qui m’ont fait réfléchir un peu et que je partage avec plaisir avec vous, si vous voulez vous lancer en course à pied et que j’aurais vraiment apprécié voir avant de me lancer mais pour cela, il faut d’abord s’intéresser à notre corps et à son fonctionnement AU NATUREL.

et pour finir

Ce que j’ai remarqué surtout, c’est que quand je fais des pas de course pieds nus, j’attaque naturellement en medio ! Et c’est ça que j’ai beaucoup de peine à comprendre lorsque je suis allée acheter mes premières vraies chaussures de running en magasin spécialisé et où on m’a justement fait courir pieds nus sur tapis, c’est que j’attaquais déjà en medio, d’ailleurs, on le voyait bien sur la vidéo au ralenti. Mais ça n’a pas empêché qu’on m’oriente sur les Brooks Glycerin 14 avec un drop de 10 mm (me forçant à attaquer avec le talon, bravo les gars !!) et un amorti de malade (donc avec une chaussure rigide comme du bois me forçant encore plus à attaquer avec le talon). Résultat des courses, celui que je connais aujourd’hui, avec une tendinite qui ne me lâche plus depuis 3 mois… Certes, c’est une excellente chaussure dans laquelle on se sent comme sur un petit nuage MAIS elle ne me convenait PAS DU TOUT ! Mais comme j’étais débutante, j’ai fait confiance aux « experts » du magasin. Et c’est là que je me suis rendue compte que la course à pied, ça coûtait cher ! A 200 francs la paire, tu te dis que quand même, Usain Bolt n’a qu’à bien se tenir 😛

16759_011224298

Avec ces chaussures, j’ai quand même pris beaucoup de plaisir, je dois l’avouer. Le confort est juste super, on a vraiment l’impression d’être sur un coussin. Mais au bout d’un moment, j’ai relevé qu’elles n’étaient pas très légères et que j’avais un peu l’impression de courir avec un bout de bois au bout des pieds, avec très peu de souplesse et une explosivité moindre. D’ailleurs je ne le savais pas à l’époque, mais ces chaussures, avec beaucoup d’amorti, sont plutôt conçues pour les personnes de 70 kg et plus, pratiquant essentiellement sur asphalte. Bref, elles sont parfaites pour les longues distances sur routes et les personnes ayant un gabarit plus élevé que le mien.

Je retourne donc dans le magasin spécialisé et cette fois, sur tous les modèles qu’on me fait essayer (Asics, Saucony,…) je préfère encore et toujours la Brooks. Je repars cette fois avec une Brooks Launch 3, moins d’amorti, donc plus d’explosivité et un drop toujours de 10 mm.

brooks-launch-3-running-shoes-8919037-719-500x500_0

Dès les premières sorties, je sens que le pieds déroule un peu mieux et que surtout, je gagne en vitesse. Le confort est toujours là (vive Brooks 😀 ) et le plaisir aussi. Je fais plusieurs courses avec, dont mon premier semi-marathon et là, c’est le drame. Première tendinite du fascia lata gauche. Arrêt de la course à pied pendant plus d’un mois et 9 séances de physio au compteur. On suspecte un gros manque d’entraînement (ce qui est certain car malade pendant plusieurs semaines avant la course m’obligeant le repos). Mes Brooks Glycerin 14 étant au bout et sachant qu’il faut au moins 2 paires de chausses pour courir la semaine, je retourne au magasin dans l’espoir d’acheter une nouvelle paire de chaussure, si possible autre que Brooks (j’avais entendu beaucoup de bien d’Asics et je voulais essayer). J’explique mon histoire de tendinite, mon semi,… on me refait courir sur le tapis et on constate un medio avec une légère supination. On me refait essayer des chausses et de nouveau, malgré moi, moi choix se reporte sur une nouvelle paire de Glycerin 14. On me conseille d’ailleurs d’utiliser les Launch 3 que pour les courses jusqu’à 10 km ou les entraînements hors route et de privilégier les nuages (Glycerin) pour les sorties longues. Ce que j’ai fait jusqu’au marathon. Depuis mon premier marathon, impossible de courir plus de 4 km sans avoir mal au genoux, même avec les nuages.

Après avoir lu les premiers exercices techniques du livre de Guillaume Romain, j’ai décidé de ressortir les Launch (car plus souples) et de « forcer » la foulée medio. Comme je n’avais pas l’autorisation de courir, j’y suis allée tranquille. Car oui, je recommence la course à pied de zéro, surtout après 3 mois d’arrêt (ce qui n’est pas plus mal au final pour repartir du bon pied). J’ai alterné des phases de marche et de course à pied. C’est bizarre de réfléchir à comment poser son pied à l’atterrissage… C’est là que j’ai constaté que les Launch, bien que plus souples que les Glycerin, étaient tout autant des bouts de bois pour ce genre de foulée, une horreur ! Par contre, et truc assez incroyable, lorsque je cours en medio, je passe de 11 km/h à 14 sans forcer ! Un truc de malade ! Je ne sais pas si c’est l’euphorie de la reprise de la course à pied mais j’étais bluffée. Ça fait des mois que ma vitesse stagne à 10-11 km/h et là, rien qu’en changeant ma foulée, je gagne 3 km/h !

Alors au bout de 2 km, je décide de m’arrêter pour éviter que ma tendinite se réveille dans le cas où elle ne serait pas totalement rétablie. Peu de temps après, je découvre un muscle que j’avais ignoré jusque-là et qui ne m’avait jamais fait souffrir auparavant : LE MOLLET ! Je trouvais ça bizarre d’avoir développé de superbes quadri à force de courir et que mes mollets, par contre, soient tout rikiki. Ils font pourtant partie de mes jambes ! J’ai donc découvert que l’attaque medio développe d’autres muscles que l’attaque talon et que donc, en bas, tout était à faire ! D’où le « je repars de zéro… ». J’ai eu des courbatures pendant 3 jours alors que je n’avais couru que 5 minutes ! J’ai quand même eu un peu les jetons en pensant que je m’étais blessée avec mes bêtises mais en fait, c’est une réaction tout à fait normale d’un muscle qui ne travaille pas beaucoup et qui est soudainement mis à l’épreuve…

Je me rends donc avec ma petite famille dans mon fameux magasin spécialisé avec la ferme intention de laisser tomber tout ce qui est amorti et drop. Je veux du minimaliste et retrouver une foulée naturelle ! Pour ce faire, j’ai déjà commandé les fameuse Vibram Fivefingers V-Run que je vais d’abord essentiellement utiliser pour marcher. Ce sont des chaussures qui me font de l’oeil depuis un moment déjà 🙂

0782615-1

Il est grand temps que je pense enfin à mes pieds et à leur vraie utilité mais aussi à toutes mes autres articulations. Il est aussi grand temps que je tente une nouvelle approche pour mes « grecs » qui perdent systématiquement leurs ongles après une course de 10 km… Marre de les faire souffrir et de ne pas pouvoir me promener les pieds à l’air en été tellement ils sont moches… Du coup, j’ai hâte de voir si j’ai autant de cloques avec des Vibram. Je porte déjà des Merrell Barefoot Vapor-Glove pour me promener qui ont déjà une semelle Vibram qui te font sentir toutes les petites aspérités du sol. C’est hyper léger et super confortable ! Alors pourquoi pas des chaussettes avec du pneu dessous ? Ça doit vraiment être le pied 😀 Je suis sûre que mes pieds vont adorer ! D’ailleurs j’ai déjà flashé sur d’autres modèles que je serais bien capable de mettre au boulot, ce qui finirait d’achever ma collègue « Gucci ». Mais bon, j’ai envie de dire que ce que pense les gens sur ma façon de me vêtir, je m’en tape ! On n’a qu’une vie ! Puisque l’idée à la base, c’est que mes pieds retrouvent ENFIN leur liberté après des années cougnés dans des chaussures pas assez larges. Et de toute façon, quand bien même on déconseillerait de courir avec du minimaliste sur l’asphalte, je n’ai absolument plus envie de courir de longues distances sur route mais plutôt m’orienter trail.

VB041A00O-Q11_90051

Donc j’en reviens à mes chaussures de course minimalistes. J’explique au vendeur que je souhaite pouvoir courir comme sur le tapis, en attaque medio, et que de ce fait (et sachant cette fois pertinemment ce que je veux), je veux un drop et un amorti au minimum ! Déjà, quand le vendeur a regardé mes Launch que j’avais pris soin de mettre au cas où et m’a balancé « Bon déjà, elles ne sont pas récentes vos chaussures… »… Le gars qui me prend franchement pour une conne et à qui j’ai envie de coller une monstre baffe. Genre, c’est normal que vous vous soyez blessée avec des chaussures qui ont quoi ? une dizaine d’années et 100’000 km au compteur ? Ducon, j’ai acheté ces chaussures ici même, il y a effectivement une dizaine de mois (oui c’est déjà vieux dans le monde du superflu…) mais avec lesquelles j’ai parcouru quoi, 200 km à peine… Bref, elles ne sont même pas au tiers de leur durée de vie « moyenne » car j’ai quasi toujours couru avec les Glycerin qui elles, commencent à être usées… Ha désolé, on vend pas ce genre de chaussures chez nous… (comprendre, on ne vent pas cette merde). Effectivement, tous les modèles que j’ai pris en main et que j’ai essayé de tordre dans le magasin étaient encore plus durs que mes Glycerin… Purée on dirait que c’est de pire en pire… Avec des semelles d’une épaisseur incroyable, on va bientôt courir en MBT… (suis-je bête, ça se fait déjà !) Ok, vous ne me verrez plus chez vous, c’est définitif… Déjà, quand ils apprendront à parler aux clients… Ce jour-là, j’ai compris que la chaussure minimaliste est au monde de la course à pied ce que le veganisme est à celui de la nutrition, une bande de marginaux inconscients qui mettent leur vie en danger et qui sont complètement barrés… Penser différemment de la majorité, c’est pas toujours simple… Si je voulais aller jusqu’au bout de ma pensée, je courrais pieds nus mais mon côté « précieuse » me l’interdirait formellement ; courir sur des crachats, des restes de pisse de chien, d’hydrocarbure, des crottes abandonnés par des propriétaires peu regardant où pire, un bout de verre et avoir les pieds noirs, très peu pour moi…

On se rend dans un autre magasin, Planet Endurance à Ecublens (pour ceux qui sont de la région et que je vous recommande chaudement). Et là, nous sommes super bien accueillis. La vendeuse est très sympa et nous donne même des conseils pour renforcer ces fameux muscles qui sont au repos en attaque talon et qui font mal quand on décide de courir en medio. Elle me fait essayer plusieurs paires de chaussures, et comme par hasard, je retrouve mes Brooks. J’étais parti du principe que cette fois, je n’achèterais plus de Brooks. J’ai donc essayé des Saucony ET des Brooks.

20180719_050606_HDR-1_Signature20180719_050625_HDR_Signature

Malheur, je suis de nouveau méga confortable dans ces dernières, c’est décidément ma marque de prédilection. Je vais faire quelques foulées dehors et LA VACHE ! Je pose presque instinctivement l’avant en premier ! Sans compter qu’elles sont légère, confortables, très souples et en plus, très jolies ! Je fais également un peu de tapis pour voir et pareil, attaque medio naturelle et sans forcer. Je suis ravie ! Même si j’ai très envie de partir directement sur du zéro drop et zéro amorti, la vendeuse me conseille tout de même de commencer avec une chaussure qui pardonne les erreurs de débutants qui attaqueront toujours un peu talon au début donc avec un peu d’amorti pour éviter de nouvelles potentielles blessures. Les Brooks Pureflow 6 disposent donc d’un peu d’amorti et d’un drop de 4 mm. Je perds donc 6 mm de drop ce qui est vraiment pas mal pour partir gentiment vers du 0 et donc pouvoir courir exclusivement en minimaliste (pour le triathlon, je me vois bien en Innov-8 parce qu’enfiler des Fivefingers avec les pieds mouillés, ça doit être quelque chose… Mais bon, ça, c’est pour bien plus tard 😀 ). Évidemment, cela prendra du temps, je suis à nouveau une débutante en course à pied (même si je pense l’avoir toujours été…) mais cette fois, je pars juste en espérant me blesser un peu moins souvent.

Donc je vais recommencer en alternant marche et course sur pas plus 10 minutes pour commencer avec des exercices de renforcement pour les mollets et les chevilles puis progressivement, j’augmenterai la durée jusqu’à atteindre au moins 10 km sans m’arrêter à la fin de l’année. Allez, on y croit ! Je continuerai à courir avec mes Launch sur les triathlons short de cette année (ou peut-être même avec les Pure si ça se passe bien) mais le prochain est en août alors ça va faire court niveau entraînement medio… Et cette fois, je n’oublierai pas d’intégrer des séances de fractionnés à mes entraînements 😀

Pour ce qui est du petit confort de mes petits petons et comme je ne courrai pas tout de suite en V-Run, j’ai lu le commentaire d’un coureur qui a les mêmes problèmes de cloques sous les ongles que moi et lui, il a remédié à ce problème en utilisant des chaussettes Injinji. Plus de cloque pour sa part ! Encore une piste à explorer 😀 Je peux comprendre que nos orteils en ont marre d’être collés les uns sur les autres et veulent avoir leur indépendance dans leur propre chaussette 😀 Quand vous comprendrez que vos orteils ont leur propre personnalité !