Mon premier triathlon à la Vallée de Joux

500 m de natation, 23 km de vélo et 5 km de course à pied

He oui, je peux enfin le clamer haut et fort, JE SUIS UNE TRIATHLETE ! Je suis devenue officiellement une triathlète depuis ce matin !

Cela faisait bien une semaine que je flippais à l’approche de cette toute nouvelle discipline et qui dit nouvelle discipline dit beaucoup d’inconnu, de questions, d’appréhension,…

Double TFL oblige, pas de course à pied depuis 2 mois… autant dire que je partais léger niveau entraînement course à pied. J’ai compensé en vélo et en piscine. j’ai enfin réussi à aligner d’un coup un 500 m à la piscine sans m’arrêter. Bref, niveau natation, je partais hyper confiante après plus d’une année d’entraînement. D’autant plus que ce vendredi soir, j’ai réussi à nager 2 km crawl sans problème (dont 1 km sans m’arrêter)… Alors plus confiante, tu meurs ! Mon sac et mon vélo étaient prêts depuis vendredi.

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La veille, je commence sérieusement à flipper. En plus il a fait une bise de malade toute la journée, il faisait froid et je me disais qu’à la Vallée de Joux, ce serait encore pire (ils annonçaient 10 °C à 7h du mat…). Je n’aime pas manger le matin mais j’ai écouté les conseils de ma physio et j’ai mangé une omelette à la banane écrasée (trop bon !). J’hésitais à prendre le maillot pour le vélo (il faisait super froid !) mais je l’ai oublié en partant et c’était pas plus mal 😀

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Petit lever de soleil avant le départ

J’arrive à 7h30 sur place, je me trouve une super place pour me garer pas loin de la zone de transition et je vais chercher mon dossard. Je suis à un niveau de stress sans égal jusqu’à aujourd’hui. Mon marathon à côté, c’était la rigolade ! J’ai eu mal au bide toute la soirée, jusqu’au moment de monter dans la voiture.

Sur place, je me rends compte que ma roue avant est dégonflée… (je l’avais pourtant vérifié la veille…) mais heureusement, un mec sympa me prête sa pompe et tout rentre dans l’ordre très vite. Je colle mes 3 autocollants sur mon casque ainsi que sous ma selle. Les gourdes sont fixées, les ravitos sont dans la sacoche de cadre et tout mon matériel est dans mon sac. 8h30, je me dirige vers le parc pour placer mes affaires. Je croise quelques membres de mon club et je me rends très vite compte que si je suis en mode « touriste », tout le monde ne l’est pas. Inutile d’espérer trouver quelqu’un pour m’aider à détendre l’atmosphère 🙂 Ou peut-être que c’est l’ambiance générale d’avant-départ d’un triathlon 🙂 Presque tout le monde est super sérieux et j’ai l’impression que beaucoup vise le podium, surtout quand je vois les vélos de malades dans le parc. Je comprendrai par la suite que les distances Sprint sont le terrain de jeu idéal des fous furieux du chrono… Bref, je me sens seule, toute petite et j’ai super froid ! Quand je pense que je vais devoir faire du vélo mouillée avec une trifonction toute fine (d’ailleurs, c’était la dernière fois que je mettais cette trifonction tellement je suis mal à l’aise dedans… Je préfère mon Orca qui a l’air de bien meilleure qualité et qui en plus, est jolie 🙂 ) !! C’est là que je vois ma petite famille. Quel bonheur de voir des visages amicaux ! Tout comme le chauffeur de bus de mon ancien village que je n’avais plus vu depuis 4 ans et qui avait pris sa retraite. Tellement heureuse de le voir ce jour-là, lui et son éternelle bonne humeur 😀

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A 9h40, je décide de me rendre gentiment vers le départ de la natation. Je suis très vite rejointe par un sympathique couple de genevois qui vont me parler de leurs premières expériences. Un super moyen de passer le temps en oubliant de stresser 🙂 Là encore, ma famille me rejoint à 10h, au moment du départ des hommes (les femmes partent 15 minutes plus tard). Cette bouée jaune me semble super loin ! Mais je le sens bien 🙂 J’ai crawlé 2 km 2 jours avant et j’ai même nagé 2×1 km en eau libre à la Gruyère, finger in the nose. Rien ne peut ébranler ma confiance ! J’entre dans l’eau qui est à 19,5 °C, dis-donc c’est froid ! On se regarde, on se sourit et je pense qu’inconsciemment, on cherche à se rassurer. Je fais quelques mouvements de crawl sans problème et je reconnais Chloé, que j’ai rencontrée lors de la journée de bénévolat de la Régio Cup à Yverdon. Encore un petit moment qui fait du bien. L’eau est opaque comme je l’espérais. Le speaker annonce 2 minutes avant le départ. Je me mets à l’arrière pour éviter l’essorage de la machine à laver, le départ est donné, j’enclenche la Suunto et je m’élance !

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Moi tout à droite 😀

Et là, c’est le drame ! Même à l’arrière, je reçois des coups, je me fais limite nager pardessus et ma foutue confiance en prend un coup. Au bout de 25 m, j’ai oublié qui je suis et je suis en pleine crise d’angoisse. Impossible de faire un seul mouvement de crawl ! Chez moi, crise de panique = crise d’asthme. Mais caca boudin ! qu’est-ce qu’il m’arrive ???? Je me mets à brasser (punaise c’est pas possible !) et pour finir, voyant que je n’avance pas du tout et que je suis bientôt en queue de peloton (ce truc que je redoutais tant….) je me mets sur le dos et je pousse aussi fort que je peux. Je touche d’autres athlètes avec mes mains et ça me rassure de savoir que je ne suis pas toute seule dans cette horreur. Ma respiration est sifflante et je vois au loin, trop loin, cette bouée jaune que je dois atteindre en me retournant de temps en temps sur le ventre.

J’essaie de crawler à plusieurs reprises mais impossible de reprendre ma respiration tellement je ventile. Au bout de quelques minutes qui me semblent être l’enfer, j’hésite à lever un bras pour qu’on vienne me repêcher avec un paddle. Ce n’est pas le début de course que je m’imaginais… Je n’ai quand même pas trimé pendant une année pour laisser tomber maintenant ! Je m’accroche en voyant qu’il y a encore quoi, allez, 5 personnes derrière moi…

Une fois la bouée passée, je me dis que le pire est bientôt terminé. Je continu sur le dos (cette nage que je déteste tant mais qui m’a sauvé mon triathlon aujourd’hui…). A 25 m de l’arrivée, je me remets à crawler et là, miracle, pas de problème !!! Évidemment en sortant de l’eau, je m’enfonce encore dans un des trous qu’il y a à la sortie et je me mets à courir jusqu’à mon vélo, heureuse d’être toujours vivante ! Bilan natation : 12’55 » (T1 : 1’57 »).

Je fais une transition tranquille, sans me stresser et je pars avec mon vélo. Le moment de libération est enfin arrivée. C’est mon sport préféré et curieusement, tout en moi s’apaise très rapidement. Mes jambes tournent à merveille et je suis heureuse de voir que je remonte une flopée de nageuses 😀 Mes petites sorties vélo n’auront pas servi à rien. Je suis à fond mais sans toutefois me griller. C’est un peu comme si mes jambes avaient été touchées par la grâce 😀 . Les voitures autour ne me gênaient pas du tout, j’ai pris un pied pas possible. Je suis un cailloux en natation mais visiblement ça va pas trop mal sur le vélo 😀 . D’ailleurs la petite débutante que je suis a même dépassé un magnifique CLM à faire pâlir le meilleur triathlète sur cette route très « roulante » (comme quoi c’est pas le matos qui fait le sportif…). Sur la route, des gens nous encouragent j’en profite pour tendre la main et taper dans celle des spectateurs. J’ai une de ces patates et une banane jusqu’aux oreilles ! Oubliées ces maudites minutes de natation !

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L’arrivée vélo dans le village est en descente et j’A-DO-RE ! Je décroche mes pédales, descend au bon moment, vois ma famille et court vers la transition 2. J’ai un peu peur pour la course à pied car mon TFL droit n’est pas rétabli et je ne sais pas s’il tiendra les 5 km, surtout après le vélo. Bilan vélo : 42’54 » (T2 : 1’23 »). C’est pas un énorme chrono mais ce jour-là, je ne visais pas le PR mais la ligne d’arrivée 😀

Pour la course à pied, ça se passe pas trop mal. Les bénévoles sont super sympas et souriants ! Un tonnerre d’applaudissements pour l’organisation de ce triathlon qui a vraiment super bien bossé pour qu’on passe un super moment ! Au bout du lac, ma tendinite droite recommence à me faire mal. Mais rien d’insurmontable. Le chemin est relativement plat avec heureusement pas trop de descente. Je maintiens le rythme, je dépasse encore quelques personnes et me fais très peu dépasser. Je m’attendais vraiment à me faire remonter en course à pied mais finalement c’était une bonne surprise 😀 Je suis tellement heureuse d’avoir terminé ce tout nouveau challenge même si c’est de nouveau dans la douleur 😀 Je fais un dernier high five au speaker à l’arrivée, histoire de terminer en beauté ce premier éprouvant mais magnifique triathlon. Bilan course à pied : 25’26 ». Si l’ambiance en course à pied est super, celle d’un triathlon est grandiose ! J’ai vraiment adoré ! Vivement la suite ! 😀 Et cette fois, en essayant de moins stresser et sans cette maudite tendinite 🙂

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Pour espérer finir un jour un half-Ironman, il va falloir bosser super dur, en particulier la nage en eau libre… C’est facile de viser l’objectif mais on se rend compte qu’un triathlon, même au format Sprint, ce n’est pas rien et ça demande beaucoup d’entraînement. J’ai encore 9 séances de physio à faire et quelques semaines avant mon prochain triathlon à Lausanne (j’espère avec combi sinon je suis foutue car c’est 250 m de plus !). Autrement, j’ai une course de 100 km à vélo prévue la semaine prochaine. Une longue sortie pour m’aérer l’esprit 🙂

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