20 mois de bilan sportif

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13 jours avant mon premier triathlon ! C’est tellement proche ! J’ai fait pas mal de trucs dingues même pas 2 ans après ma reprise du sport et chaque course m’angoisse toujours autant.

Je me fixais juste 6 km en octobre 2016 pour en finir avec ma dépression. Pour me prouver à moi-même que j’en étais capable et que je n’étais pas la bonne à rien que les aléas de la vie me laissaient croire depuis que je suis née. Envie de boucler ce cycle infernal de misère, de manque de confiance en soi, de désamour envers mon corps, ma  personnalité, ma transparence et mon manque de répartie face aux coups psychologiques que me donne la vie depuis que j’ai commencé à côtoyer mes congénères.

Une enfance détruite à coups de mensonges familiaux, un rideau qui tombe à 31 ans après une année de séances de psy pour enfin découvrir la vérité sur mon passé. Malgré cela, je n’en voudrai à personne parce que je sais que ça ne sert à rien de vivre dans la colère et la tristesse d’avoir perdu quelque chose qu’on ne retrouvera jamais. Le passé appartient au passé. Maintenant j’essaie de faire en sorte que ma fille vive une enfance normale, sans mensonges, sans séparation, malgré mes démons qui ressortent de temps en temps et qui essaient de reproduire le même schéma que mes parents. Après tout, c’est dur d’être une mère quand on a pas eu la chance de vivre à côté de la sienne depuis l’âge de 6 ans.

Et puis il y a eu l’école. Comme si ce n’était pas déjà compliqué. Il fallait supporter les moqueries de mes camarades d’école. Comme si c’était écrit que dès que j’entrerais à l’école, je deviendrais LE bouc-émissaire par excellence. J’ai pas envie de me plaindre car je pense qu’inconsciemment, je tendais des perches. Comme si j’étais faite pour ce rôle pour finalement, l’accepter et parfois, avoir envie d’en finir, déjà très tôt dans ma courte existence. Prendre des coups, des moqueries, être constamment mise de côté. Aucun ami, mais des potes, de temps en temps, surtout pendant les vacances, loin de l’effet de groupe pervers de l’école, là où je pouvais retrouver une vie d’enfant normale. Ce cycle de bouc-émissaire s’est terminé à 17 ans, lorsque je suis entrée à l’école de commerce. Il faut croire qu’on devient plus mature avec l’âge… ou pas… J’ai quand même eu affaire à des sacrés cas mais cette fois, la bave du crapaud n’atteignait plus la blanche colombe.

Aujoud’hui, je regarde en arrière et je regarde mon historique de courses. De 10 km à Morat-Fribourg, de Morat-Fribourg au semi-marathon et enfin, du semi-marathon au graal du coureur, le saint marathon. Chaque franchissement de ligne d’arrivée est pour moi un énorme doigt d’honneur à mon passé et un petit peu à la vie. Chaque personne qui crie mon prénom le long d’une course me fait oublier que pendant longtemps, j’étais invisible. J’existe, on me voit ! Quel bonheur d’être encouragée par des inconnus qui ne vous jugent pas, au contraire ! On a voulu me détruire jusqu’à me donner envie de disparaître mais j’en suis ressortie plus forte que jamais et ça, c’est grâce à la course à pied, un sport que j’avais pourtant toujours détesté et qui m’a permis de laisser 12 kilos derrière moi et de découvrir enfin ce que c’était d’avoir confiance en soi.

Et puis ce besoin d’aller toujours plus loin et peut-être aussi l’ennui de pratiquer toujours le même sport. Cette soif de bouffer les kilomètres et de découvrir ce que j’ai dans les tripes. Cette envie de sortir de ma zone de confort, d’accomplir des choses que je n’aurais jamais imaginé faire un jour et d’être enfin fière de moi, de tout ce que j’ai accompli, très souvent toute seule et parfois, sous les encouragements des personnes que j’aime le plus au monde. Et c’est à ce moment-là que l’envie de me lancer en triathlon fait son chemin, en mai 2017, alors que je ne sais même pas nager et que je déteste encore plus le vélo. Et puis je prends un abonnement à la piscine et je vais brasser avec les grands-mères qui me dépassent… Les débuts étaient vraiment chaotiques, surtout quand on se lance en autodidacte. Je regarde des vidéos sur Youtube pour apprendre à crawler. Je fais plusieurs séances à la limite de la noyade, je suis un vrai caillou jusqu’au jour où, 1 mois plus tard, je comprends qu’il faut expirer sous l’eau…

Je décide alors de m’inscrire dans un club de triathlon après avoir observé une séance de natation du club. Pas du tout sûre de moi, je vais nager 3 fois avec le club, évidemment en queue de peloton car le niveau est vraiment très élevé par rapport au mien. Je trouve les séances trop « militaires » à mon goût, car pour moi, le sport est avant tout un plaisir et pas une recherche constante de performance. J’ai 32 ans et je sais très bien que je ne finirai jamais sur un podium. Mon plaisir à moi est simplement de franchir les lignes d’arrivée sur mes deux pattes arrières dans les temps limites impartis, peu m’importe mon chrono. J’ai donc décidé de m’inscrire avec le Cercle des nageurs d’Yverdon et là, l’illumination. Je nage à mon rythme, sans stress avec des nageurs de tout niveau.

Ma technique s’améliore rapidement et je prends enfin du plaisir à nager grâce à notre coach Roland, d’une patience incroyable pour la pitre que je suis. Même après 9 mois d’entraînements, il est toujours un peu paniqué quand après 40 minutes d’entraînement, je sors du bassin en croyant que je fais un malaise (j’ai compris que si j’étais la seule à aller faire pipi, c’est peut-être parce que les autres pissent dans l’eau… bande de dégueulasses ! Mais ça me permet aussi d’éviter ces maudits exercices de battements avec les palmes…). De temps en temps, je me cache sous le plot pour éviter le regard du coach et de devoir me taper 50 mètres de dos supplémentaire, une nage que je déteste particulièrement… Il faut dire que Roland veille à ce qu’on soit assidu 😀 Mais ces entraînements on fini par payer 🙂

En juillet 2017, j’ai fait l’acquisition de mon vélo de course. Je suis très vite tombée amoureuse de ce sport qui deviendra très vite mon préféré des 3 disciplines. Voir défiler les paysages, avaler les km sans avoir le cœur dans les chaussettes et ce plaisir de découvrir de magnifiques endroits, sans stress. De 20 km, je passe rapidement à de plus longues distances tellement je m’amuse et je passe rapidement à des sorties entre 50 et 100 km. Toujours en amateur, avec mon sandwich dans le sac. Je prends toujours le temps de m’arrêter dans un endroit sympa pour prendre le temps de manger et d’apprécier le moment présent. C’est en vélo que le sport me rend la plus heureuse. Ce moment de plénitude, seule avec moi-même, sans autre responsabilité que d’être prudente sur la route et d’apprécier ma vie. C’est aussi sur mon vélo que la plupart des articles de mon blog et que mes projets futurs de courses prennent forme.

Dans 13 jours, je prendrai le départ du triathlon de la Vallée de Joux et je pourrai enfin clamer que je suis officiellement une triathlète 🙂 (si je passe la ligne d’arrivée évidemment 😀 ).

En plus de la technique que j’ai du acquérir en piscine durant les entraînements coachés ces 9 derniers mois, il a fallu que j’apprivoise la nage en eau libre, qui est quand même très différente des bassins sécurisés avec un fond coloré et une eau transparente et chlorée. J’ai testé fin mai ma combinaison néoprène toute neuve sur la plage d’Yverdon-les-Bains. C’était un grand moment de flippage. L’eau était vraiment crade et ne donnait déjà absolument pas envie d’y nager (ça craint pour le triathlon d’Yverdon en septembre…). J’ai bu la tasse à plusieurs reprises (beurk…) après avoir pris des bouts de bois flottants pour des brochets ou je ne sais quoi de plus horrible encore… Il me semble que ce jour-là, si j’ai crawl-brassé 300 mètres, c’est beaucoup… J’ai surtout constaté avec grand plaisir que ma combi m’allait comme un gant et ne me gênait pas du tout pendant la nage, gros point positif.

Entretemps, j’ai fait l’acquisition d’une board de SUP, qui remplacera les séances soporifiques de musculation en salle. Oui, le SUP, ça muscle tout le corps, sans exception (et surtout les parties préférées des filles : abdos, fesses et jambes 😀 ). Moi je l’aime surtout parce que ça tire sur les bras… Moi qui adore les sports qui bougent et décoiffent, je ne m’attendais pas à prendre autant de plaisir en SUP. Comme je fais toujours tout en autodidacte (grâce à Youtube) et loin de moi l’idée de faire des cours qu’il faudra en plus payer, j’ai fini 2-3 fois à l’eau comme une grande pour enfin trouver mon plaisir au bout de 30 minutes à peine. Et quel plaisir ! Le calme absolu au milieu du lac ! Avec mon pique-nique et ma bouteille d’eau sur le nose, que j’ai pris à l’ombre sous les arbres, dans un silence presque absolu. Pourquoi je n’ai pas découvert ce sport avant ??? Il m’a permis d’apprécier encore plus les moments sur et dans le lac et d’atténuer un peu ma « phobie » en eau libre.

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Ce week-end, nous avons fait du camping en famille au bord du lac de Gruyère. Encore une occasion d’enfiler ma combinaison et d’essayer une nouvelle fois de nager plus de 300 mètres sans risquer l’arrêt cardiaque. Le premier jour, j’étais suivie par mon chéri et ma fille sur le paddle, ce qui était très réconfortant dans le cas où je perdrais les pédales au milieu du lac. Première constatation, l’eau est un peu froide mais la combi a vite fait de me réchauffer et surtout, je flotte de l’arrière sans faire d’effort ! Une bonne chose étant donné que j’ai tendance à m’essouffler à cause justement de mes battements de jambes totalement inefficaces et énergivores. Avec la combi, je n’aurai pas à y penser. Dans le lac de Gruyère, on a son fond environ jusqu’à 3 mètres du rivage (en tout cas au camping) après, c’est fini, ça descend fort ! Deuxio, tu ne vois que dalle ! L’eau est verte partout (mais super propre !) donc tu vois quasiment rien au fond de l’eau, sauf de temps en temps une algue ou une branche (on sait pas trop et vaut mieux essayer de ne pas trop regarder au fond si on est cardiaque). Du coup, ce jour-là, en m’arrêtant plusieurs fois pour me repérer et reprendre mes esprits (la fameuse branche d’arbre qui apparaît soudainement dans le vert opaque), j’ai réalisé 1 km en 28 minutes. Le lendemain, je remets ça à 7h30 du mat et cette fois, je pars seule (sauf sur la fin ou la famille m’a de nouveau rejoint en paddle). La respiration est parfaite et je me force à regarder devant plutôt que le fond. Du coup, moins de flippage et surtout je sais que les poissons sont tellement effrayés qu’ils ne viendront pas nager près de moi. Cette fois, je fais mon km en 20 minutes ! 8 minutes de gagnées en arrêtant de flipper et en m’arrêtant tout le temps. Ce n’est pas un temps exceptionnel mais pour un caillou comme moi, c’est juste exceptionnel 😀 Probablement que je finirai dans les derniers à la natation, mais je m’en fiche 😀

Au final, je constate avec surprise que je prends beaucoup plus de plaisir en eau libre qu’à la piscine, que je nage plus vite, que ma respiration est meilleure et que je suis beaucoup plus « calme ». C’était vraiment une bonne chose de nager en lac avant la course car c’est beaucoup d’appréhension qui tombe. Et j’adore !!!! Après, peut-être que le fait que l’eau du lac de Gruyère soit verte opaque y était pour quelque chose. Ce sera un peu la surprise pour la Vallée de Joux… Mais là, c’est 500 mètres et je sais que ce n’est pas insurmontable en gérant mon stress du mieux que je peux 🙂 Ce sera aussi l’occasion de tester notre nouvelle trifonction à l’effigie du club de tri. Je ne suis pas à l’aise à l’idée de la porter car elle est limite transparente O_O (je l’ai essayé avec une culotte et on la voyait dessous… J’ose pas imaginer sans culotte…) et j’ai presque l’impression de ne rien porter (dos presque complètement nu à la limite de la raie des fesses, tour d’épaule ouvert très large avec la base des seins pas très loin…). Le tissu est monstre fin et donne vraiment l’impression qu’il va se déchirer au moindre faux mouvement, surtout quand je l’enfile (ça craque déjà pourtant j’ai pris une M et j’ai pas l’impression d’être fat…) O_O. C’est tout de même une Osuit de Z3ROD. A voir vraiment ce que ça vaut… Peut-être que mouillée ça va mieux. Et tu oublies l’Ironman avec une chamoisine aussi fine, même sur 20 km je suis quasi sûre et certaine d’avoir mal au cul… J’hésite quand même à prendre mon Orca qui semble de bien meilleure qualité 🙁 C’est le seul vêtement du club qui ne m’inspire pas confiance. Notre tenue de vélo et notre t-shirt de course à pied sont vraiment topissimes 🙂

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