Narcisses Run Haute-Ajoie

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C’était la toute dernière course à pied de l’année après le marathon de Zürich, en soit, une course de reprise après mes tendinites aux deux genoux. La physio m’a donné le feu vert mais c’était sans compter sur le dénivelé de cette course que je pensais plutôt à ma portée, juste un petit entraînement…

Cette course qui était la deuxième édition (donc toute petite course jurassienne) était tout de même importante pour moi car c’est la toute première course où mon papa, ma fille et mon chéri seraient tous présent, ma famille la plus proche. C’était aussi important que la toute première compétition d’un enfant devant ses parents.

Le départ de la course étant à 18h, nous sommes partis le matin pour retourner dans la région où j’ai passé toute mon enfance. On en profite pour visiter les grottes et le préhisto-parc de Réclère (une étape de la course du soir). C’était vraiment sympa mais un peu froid (il faisait 6°C dans la grotte et on était pas vraiment habillé correctement (il faut dire que dehors, il faisait super chaud 😀 ).

 

 

 

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Petit dîner à Porrentruy et direction la maison de mon papa pour que je puisse me préparer pour la course. A 16h, départ pour la course à environ 30 minutes de voiture. Jusqu’à aujourd’hui, j’avais toujours participé à des grosses courses très connues et très populaires avec départ en bloc et toujours chronométrées de manière automatique avec des capteurs sur les dossards. Ici, c’est tout simple. Un simple dossard et des gens qui apparemment relèvent ton temps à l’arrivée. J’ai déjà commencé à ressentir des douleurs à mon essuie-glace gauche durant la journée, lors des descentes dans les grottes. Léger. Mais déjà, je sentais que ça allait mal se passer.

A 10 minutes du départ, mon papa me dit de m’échauffer un peu histoire de ne pas me griller sur les 500 premiers mètres qui sont en montée (peu de plats, énormément de montée et beaucoup de descente et ça, je le découvrirai sur le parcours). Mon papa connaît bien la course à pied. Il a fait beaucoup de sport quand il était jeune (football, hockey sur glace, vélo et course à pied et aurait presque pu gagner la mythique Morat-Fribourg lorsqu’il avait  dans les 20 ans s’il ne s’était pas gorgé d’eau sur le dernier ravitaillement. Il faut dire qu’à l’époque, il n’y avait pas encore les éthiopiens 😀 ). Il me dit aussi de laisser tomber si je ressens des douleurs, que ça ne vaut pas la peine de griller toute ma saison de tri sur une si petite course. Je suis d’accord mais abandonner, ça fait pas partie de mes gènes. J’ai morflé plus que jamais sur mon marathon et j’ai franchi la ligne d’arrivée, ce n’est pas une course de 9 km qui va me mettre à genoux (mon orgueil à deux balles).

Le départ est donné, tout le monde part en même temps (mais bon, on est vraiment pas beaucoup). Ça marche un peu avant la ligne mais bon, pas grave, j’enclencherai la Suunto au bon moment. Et effectivement, la première montée est sacrément rude, surtout quand on a couru que 6 km sur presque 2 mois… (j’ai quand même fait pas mal de vélo et de natation pour compenser). Et là, je remarque que mon lièvre n’est autre qu’une de mes anciennes copines d’école primaire ! Avec un physique comme j’en rêve et là je me dis que je ne vais pas la suivre très longtemps et que je vais devoir rapidement la laisser partir car elle a l’air de gérer sa course super bien. Pendant les 3-4 premiers km, on s’est dépassées chacune notre tour jusqu’au réveil de mon genoux… DROIT ! Celui qui n’avait pipé mot jusque-là alors que son voisin me donnait des signaux d’alarmes déjà le matin ! J’hallucine ! Bref, je lâche Cloé et je continu à un rythme beaucoup moins marrant. Il a beaucoup plu les jours précédents. La course se déroulaient principalement en forêt, une sorte de petit trail en l’occurrence. Mon tout premier. On dirait qu’on a passé la charrue sur le chemin. Les chaussures s’enfoncent dans la boue et les chevilles se tordent sur les racines des arbres, c’est complètement dingue !

Et c’est là qu’arrive la montée de la mort qui tue ! Un escalier quasiment à la verticale qui met à bout de souffle les coureurs. Une montée qui n’en finit pas ! C’est là aussi que je me rends compte que le fait de n’avoir quasiment pas couru pendant une quarantaine de jours a un impact énorme sur mon cardio. Mon cœur est au taquet et je souffle comme un boeuf, rien à voir avec le marathon de Zürich, j’ai l’impression de n’avoir jamais fait de course à pied…

 

 

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Heureusement, en haut, on trouve le premier ravitaillement. Je fonce sur les oranges et boit deux petits verres d’eau. Je repars et retrouve ma famille au 6e km. Ils veulent savoir si j’arrête ou continue. J’ai un peu mal au genou droit mais je ne vais pas lâcher à 3 km, surtout après avoir couru 42 km non-stop quelques semaines avant… Souriante et pleine d’espoir, je continue, hors de question d’abandonner. Mais qui dit montée dit forcément descente. Et là, ça devient monstre galère. Le TFL droit est de retour de plus belle et ma physio risque de me faire la gueule mardi. La descente est un supplice, et pour compliquer un peu la chose, dans la boue. Je n’arrête pas de faire des virages pour éviter de me vautrer. Je suis encouragée par d’autres coureurs lorsque je m’arrête pour masser mon genou et je repars en courant sur l’intérieur de mon pied (la douleur est moins forte). Par contre, le genou gauche n’a pas flanché une seule seconde, aucune douleur, rien du tout ! Il a même compensé pour l’autre genoux alors que je pensais vraiment qu’il allait me lâcher. Encore aujourd’hui, RAS. Je pense qu’il est guéri, à voir mardi 😀 (Edit du 05.06.2018 : la physio reste optimiste, la situation du TFL droit n’est pas pire qu’avant la course, c’est plus un signal d’alarme pour faire comprendre qu’il n’est pas complètement guéri. D’ailleurs, lundi, je pouvais même courir dans les escaliers en descendant, ce qui serait impossible. Mot d’ordre de la physio : Pas de course à pied jusqu’au triathlon du 24 juin, uniquement du vélo, de la muscu et de la natation (selon elle, vu les courses que j’ai faites peu de temps en arrière, je n’ai pas besoin d’entraînement pour courir un 5 km dans une quinzaine de jours. Je suis trop contente 😀 ).

Et puis voilà enfin la ligne d’arrivée ! Comme je suis contente de la voir ! je retrouve un peu de ma motivation et même la force pour allonger la foulée. Je passe la ligne en 1h00’01 » sous les encouragements de ma copine Cloé que je retrouverai plus tard après quasiment 7 ans sans l’avoir vue. Toute ma famille est à l’arrivée, je suis trop heureuse 😀 Je suis prise en charge par un masseur qui accepte de prendre soin de mon genou malgré le fait que je sois cradossée de boue et c’est également à ce moment-là que je retrouve mon ancienne professeur d’économie et de compta de l’école de commerce que j’ai quittée il y a 11 ans ! Quand je vous dis que le Jura c’est tout petit ! Quel bonheur de retrouver toutes ces personnes !

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Le soir, on va tous se manger une bonne pizza et comme le Jura est tout petit, voilà qu’on mange juste à côté du mec qui a fini 3e du parcours de 16 km. Je lui explique pour le TFL et il m’explique qu’il n’a jamais couru avec des chaussures à 200 balles car ça lui faisait toujours mal et qu’il court avec des chaussures bon marché O_O (pas sûre que je vais tenter l’expérience, quoique, après avoir mis 600 balles dans des chaussures et après avoir constaté qu’après chaque course je perdais deux ongles d’orteil, je vais peut-être réfléchir…). Pour gagner du temps, il a couru a 4 pattes sur les escaliers (petit anecdote pour les prochains trails 😀 ). A noter que cette course est juste magnifique, à travers champs de fleurs et forêts, avec une ambiance toute jurassienne, sans prise de tête et beaucoup de fair-play 🙂 Une course qui me donne sérieusement envie de me mettre au trail, un type de course sur lequel je m’éclate, pour l’année prochaine avec un nouveau challenge de taille : la mythique Sierre-Zinal (disons en 2020, avec mon premier Ironman 70.3 :D).

Enfin, bref, j’ai un peu de peine à marcher à froid sur le droit mais je pense que le 24 juin je serai à nouveau sur pied pour mon triathlon 😀

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