Être ou ne pas être… « féminine »…

08040307541756241904966

C’est vraiment une remarque dont j’ai droit régulièrement de la part de mon chéri (sauf quand je suis en sous-vêt Simone Pérèle). « Ha j’ai vraiment l’impression de sortir avec une camionneuse ! » (surtout quand je mets ma casquette Brixton…). Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été un mec dans un corps de femme avec une voix de femme à la différence que je n’ai jamais voulu changer de sexe et que je n’ai jamais été particulièrement attirée par l’autre bord (même si ça ne me choque absolument pas, je trouve que c’est mignon et que c’est un droit d’aimer qui on veut au-dessus de 18 ans).

Mon chéri m’a rencontrée comme ça, sur les pistes de ski avec ma dégaine de fille habillée en baggy et cachée de la tête aux pieds, malgré mes 1m78 et 56 kg de l’époque. J’ai jamais assumé mon corps, aussi beau fut-il pour certains parce que j’ai jamais supporté le regard bovin des mecs et leurs remarques à la con (genre se faire siffler dans la rue quand tu oses timidement porter une jupe –> harcèlement de rue).

Et franchement, je me sens tellement mieux en chaussures plates, jean et t-shirt. En cas d’attaques de zombies, j’aurai au moins la possibilité de courir, moi ! C’est mon caractère, ma façon d’être et mon besoin de me sentir full confort sans toutefois ressembler non plus à un camion. Pour moi, une camionneuse, c’est elle (carrément trop belle en plus !). Pas vraiment l’idée qu’on se fait de la routière hein ?

520996_source

Lisa Kelly des « Convois de l’extrême ».

Sinon oui, je l’avoue, je suis une « camionneuse » pour pas mal de choses et les principales qui me valent cette remarque chiantissime : Je jure comme un charretier quand je suis énervée, pour tout et n’importe quoi. Je suis une boule de nerf du matin au soir (d’où mon besoin d’évacuer par le sport) et j’ai toujours cette sale impression que les 3/4 des gens que je croise sur mon chemin durant la journée sont sous ganja : sur la route, au magasin, partout, partout, partout ! ILS SONT LENTS !!!!!

Les 4 minutes les plus longues de votre vie 😀

Je deviens dingue, moi qui, malgré mes efforts pour être plus zen (restés vains jusqu’à présent), suis très explosive et énergique. Quand je dois prendre une décision, c’est en 2 secondes (parfois moins), pas une semaine ni un mois. Chez moi, tout est planifié du matin au soir (du lundi au vendredi, le week-end c’est juste ingérable) afin de faire un maximum de choses et évidemment perdre le moins de temps possible afin d’optimiser un max pour mes entraînements.

Typiquement ma journée de maman le mercredi : 6h debout (heure de réveil obligatoire de la petite, y compris week-ends et jours fériés…). Ensuite déjeuner et passer le temps comme on peut jusqu’à 7h30. Départ pour les courses (liste et bon de réduc prêts depuis la veille). Arrivée à 8h au supermarché et retour maison à 9h, direction la déchèterie. Aspirateur, ménage, lancement d’une lessive et du lave-vaisselle, jeux. Étendre le linge, ranger la vaisselle. 11h59, réchauffer le repas. 12h30, bébé à la sieste pour 2 heures. REPOS ! 15h, goûter et départ au parc du lac, aux bains thermaux ou que sais-je d’autre tout aussi cool. Pendant ce temps, maison super clean et retour des tumble weed de chat, il n’y a plus qu’à se détendre jusqu’à 17h30 avec une fillette hyperactive (je sais pas de qui elle tient…). Arrivée à 18h, préparation de la pâte à crêpes (le mercredi soir, c’est crêpe-party !). 19h30 bébé au lit. RE-POS ! Aucune minute n’est perdue ! Chez nous, le monde appartient à ceux qui se lève tôt n’est pas seulement une expression, mais un mode de vie quotidien. Ce lundi de Pentecôte, à 8h, nous étions déjà entrain de nous promener dans la forêt du Chalet-à-Gobet et assistions au réveil d’un sympathique couple de bivouaqueurs. C’est au moment où la majorité du peuple dort ou sort de sa léthargie dominicale que tu fais les rencontres les plus intéressantes.

Le reste de la semaine, je me lève à 4h30 afin de pouvoir m’entraîner à la salle entre 12 et 14h ou pouvoir sortir du taff à 14h50 après avoir fait mes 8h18 de taff (tant que je le peux encore) pour aller faire mes 10 km de course à pied ou une sortie vélo avant d’aller chercher ma fille à la garderie et préparer le repas du soir. Presque aucun entraînement n’est pris sur le temps libre (c’est à dire en famille). Évidemment, le soir, je suis explosée et je suis souvent couchée avant 21h30. Mais comme je n’aime pas regarder la télé et que c’est principalement ce que les gens font le soir, je n’ai pas l’impression de louper grand chose. Je préfère largement lire un bon livre dans mon lit plutôt que de regarder des conneries bêtifiantes sur le petit écran pour finalement éteindre l’écran à 23h avec cette sensation d’avoir perdu son temps et de se coucher tard pour rien.

se-lever-tot-300x225

Je peux devenir un vrai mec piqué à la testo, en particulier au volant. J’ai une conduite très agressive et sportive mais toujours dans le respect de la LCR. Mais bon, je me suis faite chopper une seule fois au radar en 11 ans de conduite, BAR et moto gros cube compris (genre 58 quand je freinais à l’entrée d’un village au lieu de 50, d’ailleurs j’attends toujours la prune…).

Je me suis viandée une seule fois avec ma Z800 en partant comme un bourrin dans un virage sur des limaces fraîchement gravillonnées (plus de peur que de mal et un carter explosé) alors que j’ai monté je sais pas combien de fois le col du Mollendruz comme une allumée et aucun pet sur ma Golf GTI ou ma Leon FR en 11 ans, hormis la fois où j’ai choppé un chevreuil sur route enneigée (pour ma bonne conscience de végétarienne, le chevreuil s’en est sorti, je ne roulais pas du tout vite et la route neige-glacée a du amortir sa chute, il s’est relevé en sautant plus haut que jamais dans le champs d’à côté. Par contre, ma calandre faisait la gueule). Mes vieux réflexes de motarde étant restés, je supporte excessivement mal les gens qui ne respectent pas les « cédez le passage », les priorités de droite et les giratoires et tous les ploucs qui se lancent sur la route en pensant qu’ils auront le temps de passer ou d’atteindre la vitesse que tu as avant que tu ne leur rentre dans le derche et que ce soit au final pour ta pomme si tu leur rentre dedans (les dashcams n’étant pas encore considérées comme preuve en Suisse, foutu protection des données…). Je suis prête à sortir de ma voiture pour me pogner avec l’imbécile en question (la dernière fois, ce n’était pas plus tard que la semaine passée, j’avais la petite derrière, c’était dans un parking de centre commercial, brûlage de céder le passage sans même ralentir. J’ai dû klaxonner pour qu’il s’arrête ET ME REGARDE. Il s’en est fallu de peu pour que je sorte. Et si ça avait été un motard ?). Pour moi, c’est CRIMINEL et mériterait un retrait de permis sur le champ. Alors oui, je suis pas très féminine quand je conduis… Mais bon, ça fait rigoler ma fille… 😀

stickers-humour-nice-suv

Alors pour en revenir à mon côté « camionneuse », il y a plein de choses que je ne fais pas avec grâce et féminité. Je ne sais pas du tout ce qu’est la mode et je dois avouer que je m’en fiche complètement. QUAND j’ai absolument besoin de vêtements dans l’immédiat absolu, je vais chez Chicorée (seul magasin où les fringues ne sont pas trop moches et surtout, dans mon budget de salariée d’État), je prends un pull ou un top qui me paraît féminin et que je trouve joli et basta. En 20 minutes max c’est plié. Même que c’est encore trop long pour mon chéri. Et comme je déteste par dessus tout faire les magasins (et là je sais que c’est pas très bien), je commande presque tout sur Zalando, ça m’évite un moment de plus à passer dans la foule et surtout, comme c’est souvent le cas, je n’aurai pas perdu une heure pour ressortir les mains vides parce que rien ne m’allait. Le matin, je passe 1 minute dans mon armoire, le temps de sortir le premier jean qui me passe sous la main, un t shirt, un pull, une paire de chaussette et basta. Et pas de problème si les couleurs ne vont pas ensemble, je ne vais pas bosser pour pecho… et mon chéri sait très bien ce qu’il y a sous mes vêtements pas très Gucci. Idem pour les chaussures, plates de préférence et passe-partout (je déteste ressembler encore plus à une asperge). Promenades, boulot, soirées, évènements,… Une paire pour toutes les occasions ! C’est le principe même du minimalisme et de la simplicité volontaire et flûte pour le regard des « biens-pensants ».

0fa729508e1ccfe6d1d99caf937d4211

Niveau coiffeur, idem. Je sais que chaque fois que j’y vais (tous les 7 mois), ça va me coûter 200 boules. Et franchement, je ne suis pas pressée de les perdre et puis de toute façon, il y a toujours une facture de médecin à payer pour te faire repousser ton rendez-vous au mois suivant… Je fais quasiment toujours la même coupe car je sais qu’elle me va. Pas de mauvaise surprise, encore une fois, on fait simple et sympa (même si ça prend 3 heures…).

hqdefault

Maintenant que j’ai une nouvelle collègue qui elle, est super féminine, je n’ose pas trop lui dire comment je me prépare le matin… Elle se reparfume régulièrement en journée, retape son make-up, s’habille en vêtement griffés,… Bref, l’exact opposé de ma personne. Déjà qu’elle m’a dit que je ne faisais pas beaucoup d’effort au niveau vestimentaire après seulement 1 mois dans le même bureau (j’aime sa franchise 😀 ). Le matin, en 1 minute, je suis habillée. Ensuite je passe dans la salle de bain, j’utilise du bicarbonate de soude en poudre comme déo, je me lave les dents avec du dentifrice solide et j’utilise un lapiglove pour me débarbouiller la tronche (quand j’oublie pas…). Ensuite, j’applique (évidemment sans crème de jour dessous…) un tout petit peu de fond de teint, un peu de mascara et de crayon et basta. Pis si ça se barre la journée, tant pis… Je me démaquille avec le Lapiglove (quand j’y pense) et pour hydrater ma peau, j’utilise uniquement de l’huile de noisette de cuisine 😀 A noter que je n’achète jamais de parfum (je suis entrain de terminer ceux que mon papa m’a offert). Mon bicarbonate de soude, ultra simple d’utilisation, me tient toute la journée sans odeur (même quand je fais du sport), j’utilise un shampoing solide maison pour mes cheveux et je me lave avec un gros pain de savon de Marseille. Je m’épile à l’épilateur électrique et j’utilise un rasoir de sécurité pour mes aisselles (avec un blaireau et un savon qui mousse comme dans le temps). MAIS vous remarquerez que je m’épile (un point féminité en ma faveur !!!). Niveau hygiène, on a fait le tour. Je ne lui parlerai pas de ma cup ou du diaphragme, elle penserait que je débarque du moyen-âge…

l

Après, reste encore la manucure. Là aussi, je perds des points. Alors ça me fait tellement marrer ces gonzesses qui te font un psychodrame parce qu’elles se sont explosé un ongle en fermant une enveloppe (en même temps, quand ton ongle fait 3 cm, t’étonne pas…). Je pense que le fait d’avoir payé plus de 100 boules pour que dalle dans l’affaire y est peut-être aussi pour quelque chose (quand je pense à tous les accessoires de triathlon qu’elles pourraient se payer avec une année de manucure !!!!). Perso, je les ronge et je trouve ça trop rigolo (sauf quand je ronge trop court et que ça fait mal pendant 2 semaines…). Qu’est-ce que tu veux que je fasse avec des ongles de 2 cm ? Je vois bien neuneu entrain de crever à coup d’ongle à la con sa chambre à air toute neuve après avoir crevé sur un cailloux et finir à pied en poussant son vélo sur les 10 km restant… Je ne te parle même pas de l’enfilage de combinaison en néoprène alors que j’ai déjà de la peine avec mes ongles rongés… Bref, je ne crois pas que tu choisisses de faire du triathlon quand tu es une fashionista.

Mais je pense que c’est pour toute ces raisons que j’ai toujours eu beaucoup de peine à m’entendre avec les filles et que je me faisais toujours des potes masculins. D’ailleures, je ne sais jamais de quoi parler avec les filles (et bien souvent ça me saoule). Mais j’ai quand même 2 amies super et qui sont elles aussi super simples et avec qui tu peux parler de tout et de rien, sans parler manucure, coiffeur, bébé et fringues… Après tout, on est comme on est et si nos chéris nous ont choisies, c’est pas seulement pour notre enveloppe (peut-être aussi parce qu’ils sont intelligents 😀 A quoi ça sert d’avoir une copine si tu peux rien faire avec ???? ). Depuis toute petite, j’adore faire des trucs de « garçons ». Petite, je rêvais d’être pilote d’avion de chasse, je voulais devenir gardienne de hockey sur glace, j’adore les jeux vidéos même si j’ai plus le temps. J’aime les motos, les sports qui te font transpirer, monter des meubles moi-même, changer mes roues de voiture (j’aime pas ça mais je sais le faire…), je n’ai pas peur des rats et des souris (les araignées c’est autre chose…), raconter des blagues pourries, roter et écouter les mecs parler de leur cours de répét.

D’ailleurs, pour pouvoir avoir toutes les chances de mon côté pour entrer dans la police, j’ai fait l’école de recrue et j’ai même décroché la distinction de sport militaire pendant la phase de recrutement pour au final atterrir dans les soldats du train (une troupe qui bosse principalement avec des chevaux et qui assure la logistique dans les terrains difficiles et non praticables avec les véhicules motorisés, parce que les gars s’étaient renseignés sur mes antécédents sportifs !) et puis quand j’ai compris que ma myopie était trop forte pour entrer à l’école de police, j’ai tout fait pour me faire jeter de l’armée. Maintenant quand j’y pense, j’aurais mieux fait de continuer, ça aurait pu être une expérience très sympa et ça m’aurait évité de faire 2 ans de chômage à la sortie de mes études et peut-être même qu’aujourd’hui, je serais vétérinaire car c’est vrai que j’ai toujours adoré soigner les animaux (maintenant, je soigne les bobos de ma fille 😀 ). Mais bon, pas sûre que j’aurais supporté de passer 6 mois avec des suisses-allemands qui refusent de faire la traduction des ordres en français… Je vous dis pas comme c’était marrant quand le gradé donnait ses ordres en allemand et que les romands restaient sur place quand les alémaniques partaient en courant comme des fusées… Juste pour dire qu’effectivement, je n’ai pas peur de me salir les mains ni de me casser un ongle.

csm_Tr_Sdt_p1345_45a13305dd_image-overla_0e852ce43b

Mais sinon, je suis une femme-enfant qui a besoin de dormir tous les soirs près de son chéri. Je parle comme une petite fille (quand je ne suis pas énervée 😀 ), je dors avec 3 doudous (c’était inimaginable de faire mon tour de Suisse en moto sans mon doudou dans mes bagages pour dormir), j’en ai plein d’autres dans ma voiture. J’adore faire la cuisine et m’occuper de ma petite famille, faire des couettes à ma fille, je suis une maniaque du ménage et j’adore les couleurs pastelles. Je suis entrain de faire un sack boy en crochet et j’ai un nounours vahiné qui danse quand il fait beau dans ma voiture avec un aimant à smartphone ROSE (summum du kitch) ! Ha oui, j’ai aussi une tenue de vélo avec un nounours dans le dos (j’adore les nounours 😀 ). Et puis franchement la féminité c’est quoi ? Se promener dans la rue maquillée et vêtue comme une voiture volée et soudainement, commencer à parler comme UN banlieusard (si si ! Du style la nana qui parle dans la rue avec sa copine « He mec ! J’m’en bat les couilles ! » Véridique !!!! La féminité, c’est une attitude, pas une apparence. On a tous notre part de féminité et de masculinité. Pour certains, une part est plus marquée que l’autre et chez moi, c’est le masculin qui prédomine 😀 Allez, bonne nuit !

Sommeil_enfant-300x200

<3 <3 <3 <3 <3 <3 <3

2 réflexions sur “Être ou ne pas être… « féminine »…

  1. Ce qui fait réfléchir, quand on y pense, je trouve, c’est à quel point les marques de féminité sont finalement associées à la faiblesse… Petite, je ne comprenais pas d’où me venait ce décalage avec les petites filles habillées en rose, jouant à la poupée etc. Je ne rejetais pas tout, je tolérais une robe (confortable) de temps en temps, jouer à la poupée ponctuellement, mais il y avait cette sensation de prendre trop de place, de ne pas être gracieuse etc. Tout ça me fait penser à cette BD parue récemment, je ne sais pas si tu connais le blog : https://dansmontiroir.wordpress.com/2018/05/23/souffrir-pour-etre-belles/

    • Merci beaucoup pour ton retour ! C’est effectivement ça ! J’ai adoré lire cette BD, merci pour le lien. Pas seulement des êtres « faibles », j’ai aussi la forte impression qu’on nous considère encore et toujours pour des objets (sexuels en particulier…). Je me disais qu’en 2018 il y aurait un peu de progrès mais je constate qu’il y a encore tant de chemin à faire pour pouvoir être apprécié à notre juste valeur et pas seulement sur notre apparence qui au final, ne veut pas dire grand chose 🙂 Et les tâches ménagères, on dirait que seul les femmes peuvent les faire parce que trop « sale » et « dévalorisant » pour les hommes… Que font ces messieurs quand ils finissent tout seuls ? C’est pas inscrit dans nos gênes que nous devons passer la serpillère ou faire la popote… Bref, on a pas fini de se battre pour nos droits 😉

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.