Marathon de Zürich 2018

Je suis marathonienne !!!!! Ou comment ça a bien failli ne pas arriver…

Tout commence environ 6 mois en arrière où je m’inscris à ce fameux marathon, un peu comme un défi lancé par mon Moi maléfique à mon Moi angélique, après une soirée bien arrosée… Parce que les longues distances sur asphalte, j’ai toujours eu horreur de ça… Et pour cause, le semi de Lausanne m’avait déjà causé une tendinite du fascia lata gauche qui m’a valu un mois de physio et d’arrêt de course à pied…

Mais bon, là, je sais qu’il faut me préparer… Et je commence… 1 mois avant… Soyons fous !

Je fais environ 30 km par semaine, très en-dessous des 60 km minimum conseillés par ma super nouvelle collègue de bureau, elle-même entraîneuse de course à pied. Pour moi, c’est déjà énorme… ma plus grosse sortie longue pendant cet entraînement, 15 km ! Sans douleur, sans problème respiratoire, que neni. Même si je ne cours pas beaucoup, je le sens bien… Petite naïve !

J’ai vraiment tout fait pour que ce marathon se passe le mieux possible. C’était ma première course de la saison 2018 et je voulais être en forme et passer la ligne d’arrivée. J’ai donc réservé une chambre sur Airbnb à 15 min à pied du départ pour pouvoir dormir sur place et être fraîche comme la rosée du matin le jour-J. Parfait ! Mon chéri et ma fille ont voulu venir avec moi, donc la nuitée m’a coûtée un peu plus chère (170 chf pour une simple chambre chez l’occupant… Avec le recul, vous allez voir, je me dis qu’on aurait pu se faire un Ibis…).

Bref, vendredi soir, je prépare mon sac de sport et mes ravitos. C’est parfait ! Le samedi matin, nous voilà parti pour Zürich. Sur le chemin, on s’arrête chez un très sympathique couple pour aller voir un énième Viano Fun L (mon chéri rêve de s’offrir un Viano en bon état pour nos petites excursions familiales du week-end). Je ne suis pas vraiment fan de Mercedes et encore moins du Viano que je trouve assez laid (comparé au T5 qu’on a de toute façon pas les moyens de s’offrir 😀 ). Sauf que là, c’est le coup de foudre. On a déjà vu pas mal de Viano auparavant (en Suisse romande) et ils étaient dans un état désastreux. C’est fou comme les gens n’ont soin de rien ! Des rayures partout, des boutons qui ont disparu, des sièges déchirés, de la rouille, des trucs bricolés par des manches, des mouchoirs dans les rétroviseurs cassés,… Et là, on tombe sur un Viano qui a 10 ans, avec une toute petite éraflure sur le côté sinon, tout le reste, parfait ! 4×4, banquette-lit, table, vitres teintées sur toutes les vitres arrières avec rideaux, commandes au volant, système de navigation, caméra de recul (faut dire qu’il est super long et ça peut être pratique 😀 ). Bref, 1h30 après, on donnait à l’ancien proprio 1000 chf de dépôt et ce week-end, on va le chercher !!!! A nous les week-ends rando à la montagne ou au bord du lac, loin du peuple !!!

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Ce bahut mais dans un joli bleu clair 🙂

Si au départ, je n’étais pas très emballée pour avoir un bus de ce genre, je me dis que j’aurais été vachement contente de l’avoir pour le marathon de Zürich (pour dormir peinard) ou pour toute course où je n’ai pas de supporter avec moi. C’est incroyable la place qu’il y a là-dedans ! En plus, sur le nôtre, il y a déjà la boule de remorquage sur laquelle ou pourra mettre le porte-vélo, nickel pour les triathlons !!!! Genre pour le triathlon d’Yverdon en septembre, je pourrai prendre mon vélo avec moi et mettre tout mon barda sous la couchette 😀 Bref, je suis trop contente !!!! Et peut-être qu’avec le temps, si on arrive à mettre assez de côté (pendant que la petite est encore assez mini pour dormir avec nous), on investira dans la découpe du toit pour mettre la tente de toit 🙂 Du coup, il prendra encore plus de valeur 😀

Enfin bref, après toutes ces émotions du samedi, départ pour aller chercher mon dossard. Heureusement, le « village marathon » n’était pas très grand et on est très vite arrivés au stand « dossards ». Le monsieur me donne mon sac et me dit pleins de trucs en allemand (13 ans d’allemand pour être une vraie bille !). En fait, je comprends mais je suis incapable de lui répondre dans la même langue. Bref, il me dit qu’il va faire super chaud, je dois bien me crémer et surtout, bien m’hydrater. Je lui demande confirmation que le t-shirt, on le reçoit bien à l’arrivée. Il me répond avec un clin d’œil : no pain, no gain ! Ça c’est dit 😉

Nous voilà arrivés chez notre hôte zürichoise. On découvre une petite chambre toute vétustes avec simplement des futons posés par terre (je rappelle qu’on a payé 170 la nuit). Bref, on a pas le choix, on garde le sourire. L’immeuble est pourtant super joli. Une fois nos affaires posées, on retourne au « village marathon » pour la pasta party. Un repas qui passe toujours bien, surtout pour notre fille ! Après avoir mangé, on en profite pour se promener au bord du lac.

 

 

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Après cet agréable moment en famille va commencer probablement la plus magnifique et désastreuse journée de marathon de ma vie que j’avais pourtant préparée à donf.

Bref, on rentre à l’appartement. Notre hôte nous avait prévenus qu’elle ne dormirait pas là ce soir et que des amis à elle vont arriver en soirée avec deux enfants. Cool… Bref, à 20h, tout le monde est couché et la petite met peu de temps à s’endormir. Par contre, j’ai le sommeil ultra léger et comme elle a chopé une crève peu de temps auparavant, elle ronfle fort (chéri aussi) et elle tousse. Du coup, pas moyen de dormir… Le temps est long quand tu te couches à 20h (avec réveil à 5h pour le petit déj) et que tu écoutes les autres dormir… A 21h, voilà les potes qui arrivent avec leurs mômes. Dieu merci, la petite continu de dormir. L’immeuble est vieux et l’isolation est pourrie, bref, on entend tout… A 22h, ils sont encore entrain de donner le bain aux enfants… 170 chf la chambre punaise !!!! Là, je commence à fulminer dans ma tête. Ensuite, les voisins du dessus qui se promènent et qui font craquer le plafond vers les minuits. A 4h30, après je pense une petite heure de sommeil, je n’arrive plus à dormir. A 5h, je prends mon petit déj. Je me recouche et la petite qui se réveille à 6h30… Fin du repos…

On prépare les sacs pour tout remettre dans la voiture, je m’habille et je prépare mon sac pour le marathon avec des habits de rechange, ma nourriture d’après-course, mon huile de massage à l’arnica, mes écouteurs, mon buff et mes compressions que je donnerai au camion des sacs.

Mon chéri et ma fille ont prévu de m’accompagner sur le parcours avec le vélo (Zürich est vraiment un marathon parfait pour ça !). Sauf que 100 m après être parti de la maison et 45 min avant le départ de la course, pendant une montée, la chaîne pète. Résultat, je descend seule pour amener mon sac le plus rapidement possible au camion. 20 minutes avant le départ, me voilà partie vers mon bloc, à 800 m de là. Soudain, je me rends compte que j’ai oublié mes écouteurs, mes compressions, mais surtout, mon buff (pour me protéger la tête du soleil la moindre…) dans mon sac qui est à présent dans le camion ! Je flippe ! Ma course est foutue si je n’ai pas de buff ! Je décide de retourner vers le gentil monsieur de mon camion en espérant qu’il acceptera de me redonner mon sac.  Chose qu’il a faite avec beaucoup de patience ❤ ❤ ❤ ❤

bref, il me reste 15 minutes avant le départ. Mon chéri a tenté de m’appeler. Je dois encore me crémer, lui donner mon pull et le tube de crème pour la petite. J’arrive vers mon bloc mais je ne vois personne ! On annonce 8 minutes avant le départ !!!! Je l’appelle et il me dit qu’il est je sais pas où… Bref, je l’attend à l’endroit où il y a le moins de monde à côté de mon bloc et personne. Les nerfs vont lâcher. Je décide de rentrer dans mon bloc avec mon pull à la main, mon gros tube de crème solaire et mon téléphone dans l’autre… Le départ est donné et  là, c’est le drame !!!! Tout le monde part en même temps (je pensais que le départ était donné par bloc…). Donc me voilà entrain de courir avec mon pull, mon tube de crème et mon téléphone dans les mains… Pas eu le temps de démarrer la Suunto, Strava ou Spotify. J’avais l’air fin ! Et surtout, j’étais énervée !!!! Je devais être à 200 pulses tellement j’étais en colère ! J’avais mon mec au téléphone qui me demandait où j’étais et j’arrêtais pas de lui répéter que j’étais entrain de courir ! J’avais juste envie de le tuer… J’étais derrière le meneur des 5h30, autant dire, tout au à la fin des coureurs. Au bout de 200 m de course, je repère un muret vers un trottoir et je pose tout mon bordel dessus en espérant que mon mec le trouve. Je mets mon téléphone dans ma banane et je me mets enfin dans la course… Punaise ça commence bien !

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La fille dépitée avec son pull dans les mains…

Au bout de 5 km, je vois enfin mon chéri et ma fille sur le bord de la route, tout sourire. Visiblement, il ne m’a pas reproché ma mauvaise humeur (un petit peu légitime). A ce moment-là, j’avais retrouvé le meneur des 4h (mon but fixé) avec un rythme juste parfait pour moi, pas du tout essoufflée, super à l’aise malgré la chaleur et le soleil qui tapent fort ! J’ai suivi ce même meneur pendant 25 km sans broncher, jusqu’au drame…

 

 

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A 5 km des 30 km, je me voyais déjà toute pimpante entrain de faire semblant d’exploser un mur invisible. Jusque là, j’ai fait un semi-marathon magnifique, en pleine forme, avec une moyenne de 145 bpm. Bref, c’est rare que je sois aussi bien pendant une course. J’ai respecté les ravitaillements, j’ai pris mes gels, je suis super fraîche et je sais que je peux tenir le rythme encore un bon moment.

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Ma rencontre avec le mur

Sauf, que le mur m’a pris de plein fouet en premier ! Au 25e km, ma vieille tendinite du genoux gauche se réveille. Là encore, je me dis que c’est juste une petite douleur à la rotule qui va passer comme lors des entraînements. 1 km plus loin, le genoux droit me fait pareil. Là je commence à flipper. 28e km, la douleur devient très dure à supporter. Je continue avec mes 11 km/h mais ça devient dur. Je commence à me dire que ma course est foutue. Au semi-marathon, la douleur était apparue 3 km avant la ligne d’arrivée et j’avais eu toutes les peines du monde à aller jusqu’au bout. Et là encore, je n’avais qu’un seul genou qui me faisait souffrir…

Mon chéri et ma fille m’attendaient vers le 30e km. En les voyant, je me suis effondrée en larmes. Je souffrais et je savais qu’il me restait encore 12 km à parcourir. Autant dire, impossible ! Mon mental me disait que j’avais suffisamment de temps pour franchir la ligne d’arrivée avant le temps limite, même en marchant. Pour moi, c’était impensable de finir un marathon en marchant et en même temps je me disais que j’avais couru pendant 30 km sans m’arrêter et qu’abandonner maintenant, c’est comme avoir fait tous ces efforts pour rien. Alors j’ai marché un petit peu et puis j’ai décidé de recourir sauf que mes quadri ne répondaient plus et refusaient totalement de faire le moindre pas de course. J’étais tétanisée ! De nouveau, je me remets à pleurer. Je ne contrôle plus mes jambes ! Bientôt, elle ne voudront carrément plus avancer ! Pour couronner, le tout, je sens qu’il y a un problème à l’un de mes orteils droit, ça brûle (pourtant mes chaussures ne sont pas neuves) et ma ceinture de gourde me fait un mal de chien au dos, ça me lance.

 

 

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Mon chéri et ma fille sont à côté de moi avec le vélo. Ils me poussent à avancer, quitte à marcher jusqu’au bout. Ma fille me dit « Va la chercher cette médaille Maman ! » et elle me donne la main. L’émotion me donne de la peine à respirer. Je fais des efforts surhumain pour relancer mes jambes à un pas de course de 9 km/h. Je tiens environ 400 m avant de me remettre à marcher vite. Comme ça pendant 10 km.

A partir du 30e km, après plus de 3h de course, tout devient très flippant. C’est aussi à partir de ce moment-là qu’on voit des gens couchés par terre et qu’on voit défiler les ambulances. On a vu un gars couché à côté de son vomi. Le pire, c’était 4 km avant l’arrivée. C’était le va-et-vient des ambulances avec les avertisseurs. J’avais vraiment peur de finir dans l’une d’entre elles. C’est là que tu te rends compte qu’un marathon, ce n’est pas une course qu’on fait pour rigoler. C’est dangereux et le corps à ses limites. Je l’ai appris ce jour-là. 2 km avant la fin, je me suis faite rattraper inévitablement par le meneur des 5h. 1 heure de retard sur le temps que je m’étais fixé… Et là, je me sens repartir, je veux franchir cette ligne la tête haute en 5h ! Et je me remets à courir derrière le meneur jusqu’au bout, avec un mal de chien ! C’est la dernière fois que je peux courir. Si je m’arrête, je ne repartirai plus. Et je vois la ligne d’arrivée !!!! Je tiens jusqu’au bout ! et je franchis la ligne en 5h et 24 secondes ! Je pleure de nouveau en voyant ma famille. Je l’ai fait ! Je l’ai eu ce t-shirt et cette médaille !

 

Aujourd’hui, le NO PAIN, NO GAIN a pris tout son sens 😀

Bilan de la course : 2 tendinites aux fascia lata gauche et droite, 2 ongles d’orteils en moins, impossible de m’appuyer contre le dos à cause d’un bel hématome provoqué par l’appui de mon portable dans ma banane et surtout, 2 autres sur les hanches, là où se trouvait les boucles de ma ceinture porte-dossard Fitletic qui a fini direct à la poubelle !

Je conclurai que ce genre de course n’est vraiment pas mon délire. J’ai relevé le challenge et j’en suis fière, quoique dégoûtée que mes genoux m’aient lâchée alors que le souffle, le cœur et la motivation étaient là… Je suis divisée entre heureuse et mitigée… Après cette course, je vois l’Ironman s’envoler car pour moi, courir 42 km est tout sauf intéressant (chacun ses goûts) quoique mon Moi maléfique pourrait encore bien se manifester pou un ultime défi à la con. Courir 12 km avec deux tendinites n’a vraiment rien de palpitant même si je sais qu’avec un meilleur entraînement, j’aurais pu rallonger ma distance sans tendinite à quoi, 35 km ? (quoique j’aurais pu me prendre le mur aussi…). L’asphalte n’est clairement pas le terrain de jeu préféré de mes genoux. Par contre, je sais que l’Half est envisageable avec un bon entraînement car j’ai vraiment pris énormément de plaisir pendant 25 km 😀

Pour terminer, je dédie cette course au superbe service de néonatologie du CHUV à Lausanne pour lequel j’ai porté le fameux t-shirt des 50 ans du service que je n’ai pas pu porter lors de mon semi-marathon à Lausanne. Cette course est d’autant plus symbolique pour moi car ce service a sauvé la vie de ma fille il y a 3 ans. Aujourd’hui, je suis heureuse et fière d’avoir pu franchir la ligne d’arrivée de mon premier marathon pour eux et pour ma fille  ❤ ❤ ❤ ❤ ❤

 

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