Semi-Marathon de Lausanne 2017

Une année après avoir fait le 10 km en Nordic Walking, je boucle le tout premier semi-marathon de ma vie. La plus longue distance que j’ai parcouru à ce jour (en fait, j’avais jamais dépassé plus que 17 km…).

Encore une fois, toutes les chances étaient de mon côté. Quadriceps agonisant la semaine passée qui m’ont empêchée de courir (mais pas de faire du vélo) et cette semaine, une sorte de gastro bizarre toute la moitié de semaine. Du coup, rebelote. Donc deux semaines avant la plus grosse course de l’année, impossible de courir… Je pense que tout le monde y croyait sauf moi.

Mais après une semaine plus que pluvieuse physiquement et psychologiquement, il faut croire que la roue de la malchance a tourné. J’ai super bien dormi la veille, aucun stress en vue (j’avais préparé toutes mes affaires en avance). Le matin, je me réveille peinard, le départ étant fixé à 14h06. Je prends mes deux tartines de beurre salé et mon gros choki au lait de riz. Je respecte les 3 heures sans manger avant la course en faisant un risotto aux courgettes que je mange à 10h. La météo indique qu’il va pleuvoir durant toute la course. Du coup, je ne courrai pas avec le t-shirt des 50 ans du service de néonatologie du CHUV qui a sauvé la vie de ma fille à sa naissance et j’en ai gros sur le cœur. Tant pis, je le porterai pour mon marathon de Zürich, cela me donnera une force et une motivation supplémentaire pour tenir jusqu’au bout.

A 11h, départ pour Lausanne. J’avale un verre d’eau et 2 gélules de charbon végétal histoire de prévenir les éventuels problèmes intestinaux. Waze m’indique qu’il y a des bouchons à Ouchy. Ok, je vais me parquer près de mon boulot, je prendrai le métro pour descendre tranquillement. Arrivée à la gare, le petit pipi du stress dans des toilettes toutes propres 🙂 Dans le train, je mangeaille quelques noix de cajou durant le trajet et c’est là que je commence à me demander dans quels sales draps je me suis encore fourrée. Le trajet entre Lausanne et La Tour me semble étrangement long (et le train roule vite…). Je vois les marathoniens qui sont entrain de boucler les derniers 21 km jusqu’à Lausanne, ceux que je vais faire.

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Non, je ne suis pas stressée !

Arrivée à La Tour-de-Peilz avec un soleil qu’on n’attendait pas. Il faut dire qu’il fait 10 °C et qu’il y a un chouette vent sympa. Le ciel est toutefois hyper menaçant. Je donne mon sac au camion et je me rends aux vestiaires. Par chance, la queue des toilettes n’est vraiment pas longue (maudite vessie stressée).

15 minutes avant les premiers départs, je pars faire mon petit footing d’échauffement de 10 minutes. Là, je commence à avoir les boules. 21 km, c’est une distance que je ne connais pas. J’essaie de me dire que Morat-Fribourg était plus difficile mais la tension monte quand même. Je rigole avec un policier motard pour essayer de détendre l’atmosphère. En gros, j’ai comme l’impression que je me suis plantée de course 🙂 Ici, on se prépare pour un semi !

Mon bloc des 2h10 (c’est le temps que je m’étais fixé pour mon premier semi) s’avance gentiment vers le départ. Le vent est glacial à tel point que je sers d’abri à une autre coureuse en simple t-shirt. Il commence à pleuvoir. J’ai carrément mal pour ceux qui sont en t-shirt. Le départ est donné et c’est parti. Au bout de 10 minutes, la pluie s’arrête complètement. C’est agréable. Je sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que les 8 premiers km sont passés super vite, un peu comme si 1 km s’était transformé en 500 m. Trop facile !

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Après, ça se complique. Déjà, contrairement à ce que je croyais, ce semi n’est pas plat… Ça grimpe régulièrement, en légère pente certes, mais longtemps. J’ai l’impression qu’à partir du 10e km, ça n’avance plus ! Certains coureurs ont déjà dû abandonner et sont récupérés par un bus de la protection civile pour être rapatriés à Lausanne. Quant à moi, je fais le yoyo avec mon meneur d’allure en dépassant et en me faisant dépasser. Ce n’est qu’à partir du 13e que je décide d’arrêter mes bêtises et de me mettre juste dans les baskets du meneur qui a finalement un rythme qui me convient parfaitement. Je m’arrête à chaque ravito (organisation au top !), je n’ai aucune douleur aux pieds (ce qui est exceptionnel) et pourtant…

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Au 15e km, je ressens une vive brûlure à mon gros orteil droit. Je suspecte une vieille cloque de Morat d’avoir pété. Pendant 5 bonnes minutes, je sers les dents sur la douleur tout en maintenant le rythme des 10 km/h. La douleur se fait vite oublier grâce à mes mollets qui prennent la relève. Il reste 3 km à parcourir mais même en sachant que je viens d’en faire 18, je sens mon mental qui lâche. Je me concentre sur le drapeau du meneur. J’ai l’impression de traîner mes jambes à chaque foulée.

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Mon prochain job : Mannequin pour pied chez Loubou…

Au dernier km, je me demande comment je vais pouvoir terminer les 42 km de ma prochaine course prévue précisément 6 mois plus tard. Je suis au bout de ma vie. Je regarde les 2h10 marqués sur le drapeau du meneur. Ça fait 2 heures que mon cœur et mes poumons sont à plein régime. 600 m ! Je vois l’arrivée ! Je l’ai fait ! Enfin pas encore… Horrible ces 600 derniers mètres avec l’émotion qui commence à monter et cette douleur aux jambes. Les gens nous encouragent mais je suis ailleurs. Je suis à nouveau prise par une sorte de crise d’asthme (un peu comme quand je fais une crise d’angoisse). Je respire difficilement et je dois boire pour retrouver une respiration normal, fichue émotion ! C’est encore pire quand je vois mon chéri et ma poulette au bord de la route. Ils me font un énorme sourire mais j’ai cette émotion qui ne me lâche plus. Je passe la ligne d’arrivée en 2h08’36 et je me mets à marcher.

J’ai 6 mois pour faire le nécessaire. Abandonner le vélo provisoirement et me concentrer sur la course à pied. Voilà, je suis semi-marathonienne 😀 Je suis heureuse et fière de moi ! Quel bonheur de retrouver ma petite famille au bord du lac. Je fonds en larme, des larmes de joie et de fatigue, et ma fille qui me fait des gros câlins pour me réconforter <3 C’est ça, le bonheur !

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