10 km de l’Harmony Genève Marathon 2017

Disons que cette journée-là, je suis passée par toutes les émotions…

Il faut dire que le départ de la course était à 19h45 (c’est un poil pas chiant…). Comme d’habitude, avant chaque course, je mets toutes les chances de mon côté : la veille, gros cours de spinning bien hard sur grosses résistances, uniquement du travail de cuissards et le soir, effectivement, j’avais les jambes en feu. J’ai mis du baume du tigre en me disant que ça allait passer… Nop…

Le lendemain, il pleut tout ce qu’il peut. Le matin, j’ai suivi mon premier cours d’initiation à la géobiologie sous la pluie de 9h à 13h. C’était hyper intéressant mais je me les pelais, malgré mon pull, mon poncho polaire et mon poncho de pluie, mes pieds et mes mains étaient gelés et quand les extrémités sont gelées, ben tout le reste suit. J’ai mis toute mon énergie à chercher les lignes des réseaux telluriques sur un site romain sacré.

Ensuite, j’ai mangé pour la première fois au Veganopolis de Lausanne. C’était délicieux. J’ai pu me réchauffer un peu les pattes en mangeant des frites au paprika et un super burger de seitan dans ma voiture (faut dire que ce resto est très petit). Puis c’est le début de l’angoisse. Il est 13h30. Ma consommation hydrique se résume à un verre de 5 dl de lait d’avoine au petit déj, 2 petits verres de 2 dl de thé chaud pendant le cours.

Je mets mon GPS pour le parking genevois où je voulais me garer et je file. Même si la course est à 19h45, je préfère prévenir que guérir en arrivant suffisamment tôt pour ne pas trop stresser (et ce jour-là, ce ne sera pas du luxe). Il est 14h et il y a des bouchons à Morges… Coup de bol, il y a une sortie tout de suite. Je sors de l’autoroute et je choisis les petites routes, j’ai le temps, je suis peinard. A Rolle, assoiffée, je me souviens que j’ai 4 litres d’eau dans mon coffre (bouleeeeeeeet)… Je bois un coup. Je reprends la route. Mon iPhone ne cesse de me donner l’ordre de reprendre l’autoroute. Je regarde mon niveau de batterie : 40 %. Un truc que je n’avais évidemment pas prévu, comme beaucoup de choses ce jour-là… Il faut dire qu’avec le GPS et Spotify en continu, ça brasse fort. J’arrête le GPS jusqu’à Genève puisque je connais la route (bouleeeeeeeeeet). Je rallume mon téléphone à l’entrée de Genève. Ce con me dit de monter prendre l’autoroute pour aller au centre ville (en général, j’écoute toujours Siri, mais ce jour-là, je ne sais pas pourquoi, j’ai décidé d’en faire qu’à ma tête). Erreur que j’ai comprise après coup, le parking gratuit pour les coureurs que j’avais choisi ce jour-là sur les 3 proposés se situait bien au-dehors de la ville et non au centre-ville comme je le croyais, à la sortie de l’autoroute française, puis débrouille-toi avec les TP et donc Siri avait raison depuis le début… Je décide de quitter par moi-même les bouchons du centre-ville et de feinter par un autre chemin, car évidemment, je connais Genève comme ma poche… La tension monte, la batterie est à 20 %, je comprends rien à la multiplication des voies de directions qui ne veulent rien dire et puis flûte, je vais la prendre cette fichue autoroute. Quand il me dit d’aller direction France, je commence vraiment à stresser grave. Ça fait 1 heure que je suis arrivée à Genève, que je tourne comme un boulet, en me trompant de voie de présélection pour finir à Bümplitz. Les fusibles sont sur le point de péter, impossible d’appliquer le concept de la respiration pour retrouver son calme car là, je suis au bout de mes forces mentales. J’entre enfin sur l’autoroute. Me voilà en France et là, je commence un vrai bad trip. Mon téléphone est mort, je suis seule au monde et j’ai pas un seul euro ni carte de crédit sur moi, car dans ma tête, autoroute française = péage ! Heureusement que j’avais fait le plein sinon j’aurais probablement serré. Là, je commence à chialer comme une Madeleine. Il pleut, il fait froid, je suis perdue, j’ai carrément envie de rentrer chez moi, zut et flûte pour cette course que je n’avais de toute façon pas envie de faire vu l’horaire du départ et la météo du jour. Mais bon, j’ai quand même payé l’inscription… Je vois un panneau « Genève ». Suisse me revoilà. Je suis un peu plus calme. Je vois au loin le panneau du parking où je devais me garer (on est vraiment au bout du monde). Je me mets sur la voie de droite, le feu passe au vert et là, je me rends compte que ce foutu parking était à gauche. Et là, un long bout tout droit, pas moyen de faire demi-tour, il est 16h00… Je m’en fous, soit je trouve un parking souterrain au centre-ville dans les 15 minutes soit je me casse. J’en trouve un juste à côté d’un grand centre Coop. Parfait. Je décide d’en profiter pour aller m’acheter un fichu chargeur et d’en doter enfin ma voiture.

16h45, je reviens à la voiture, je recharge un peu mon téléphone et je regarde l’endroit où se trouve le village du marathon et jusqu’à quelle heure je peux aller chercher mon dossard. J’ai jusqu’à 18h pour aller le chercher et ô miracle, le Jardin Anglais se trouve à 3 arrêts de tram de mon parking (si ça c’est pas du bol !). En sortant du tram, je tombe pile poil sur notre Monsieur Câlin national. Là, un sourire s’affiche à nouveau sur mon visage et après avoir pleuré de désespoir dans ma voiture, je suis heureuse de rencontrer un visage familier et amical dans une ville que je ne connais pas du tout et clairement, j’ai carrément besoin d’un câlin gratuit ! Un petit instant de bonheur et d’apaisement qui m’a permis de reprendre du poil de la bête. Merci Monsieur Câlin pour tout cet amour que tu donnes gratuitement !

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J’arrive au village, il y a un monde de fou. Je cherche la tente des dossards. Aller chercher son dossard dans un village de marathon, c’est comme aller acheter un meuble chez Ikea, tu dois passer par tous les stands (et acheter plein de trucs dont tu n’avais pas besoin) avant de trouver ton graal. Mais j’ai trouvé bien plus que cela ce jour-là. Je suis tombée sur le stand de la fille qui m’a donné l’envie de me lancer en triathlon, mieux, de faire un jour un Ironman, Marine Leleu ! C’est mon idole féminine ! Mon niveau de bonheur est monté au firmament à ce moment-là. Je devais être là ce jour-là, malgré les obstacles mis sur ma route pour y arriver, je devais vivre cet instant et c’est sûrement pourquoi j’ai tenu bon. Un nouveau signe que le triathlon m’appelait ! C’était vraiment une super rencontre avec une nana super cool, super simple, super belle et super forte 😀 <3 <3 <3 <3 Merci !!!!!!

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Je mange un coup, je retourne à ma voiture, je me change (j’espère que les caméras n’ont rien filmé…) et je file dans mon tram direction la ligne de départ située à Chêne-Bourg. Une super ambiance là-haut. Des coureurs partout et des sourires malgré la température et la pluie qui tombe (j’ai de nouveau les mains gelées). Je pose mon sac dans le camion et je fais mes petits échauffements. Je préfère ne pas en faire trop. Je me trompe de bloc. Je me mets dans les 55 min au lieu d’1h et pas trop près de la ligne de départ, quitte à la franchir en marchant. Je dois dire que ce jour-là, je m’en fiche un peu. Je suis là pour me faire plaisir, comme toujours en fait.

Le départ est pépère. Je pose mon rythme à 10 km/h et je me fiche royalement de me faire dépasser par les bombes. Cette fois, j’ai bien envie de profiter du paysage comme je le ferais dans un entraînement normal. La « campagne » genevoise est très jolie, très arborée, c’est vraiment sympa. Les 2 premiers km sont passés très facilement, rythme de croisière, pas trop d’essoufflement, tip top, et la petite voix qui me dit « c’est bien ! On est bon là ! Garde ce rythme « . A un moment je me dis « si tu te fais rattraper par le meneur d’allure du bloc des 1h, faut que tu commences à t’inquiéter… ». C’est ce qui s’est exactement produit pendant la loooooooooongue montée. Je vacillais entre 8,5 et 9,5 km/h, mais pourtant j’étais bien. En même temps, lui, il court à la même vitesse (10 km/h), à la montée, comme à la descente, easy.

Vers le 6e km, nous sommes partis pour environ 2 km de descente, le pied total ! Mais pas longtemps. Je me suis rendue compte que la descente te tue encore plus les jambes que la montée, surtout si tes chaussures ont un amorti assez mauvais après 6 mois d’entraînement et de compétitions. En plus, j’ai les pieds trempes après avoir atterri plusieurs fois au milieu de belles grosses flaques. Chaque foulée était comme un petit choc plus ou moins douloureux dans mes mollets. Plutôt que de profiter de la descente pour filer comme une bombe comme l’ont fait certains, j’ai préféré garder un rythme « décent » ne dépassant pas 12 km/h. J’avais les cuissards en miettes après mon cours de spinning la veille, maintenant c’étaient mes mollets qui avaient triste mine.

Nous voilà arrivés au bord du lac. Environ 2 km de plat le long d’un paysage magnifique, avec vue sur le jet d’eau. La nuit est entrain de tomber et la ville est magnifique avec ces hôtels lumineux. J’en profite pour courir le plus près du lac possible, histoire de profiter un max de ce moment. Ma foulée est plus légère, plus rapide, je sens la ligne d’arrivée qui m’appelle ! Il y a une superbe foule de spectateurs le long des quais qui nous porte jusqu’au bout. A chaque fois qu’on crie mon nom, c’est comme une petite piqûre de boost. Ils sont vraiment cool ces genevois. Je vois la ligne d’arrivée au Jardin Anglais. 200 m ! Je fonce ! Cette fois, impossible de se planter comme deux semaines en arrière à Lausanne. Mes pulses montent à 197 pour le sprint final. Je donne vraiment tout. Je suis heureuse ! Je l’ai fait en 58′ ! Et pourtant, vu ma motivation du matin, je pensais même pas franchir les portes de la ville 😀 Merci Genève pour cette super organisation et cette ambiance de ouf, malgré la pluie et la frisquaille ! Et pourquoi pas, à l’année prochaine !!!

<3 <3 <3 <3 <3 <3 <3 <3 <3 <3 <3