La simplicité volontaire, un choix de vie

La plupart des gens s’engagent dans des voies qu’ils ne remettent pas en question, en particulier parce qu’il est toujours plus facile de refaire la même chose, de développer des habitudes et de se contenter de les suivre. Nombre de personnes – sûrement la plupart – ont des éclairs de lucidité qui provoquent certains regrets; mais, le plus souvent, elles refusent de voir ce qu’elles sont devenues par rapport à ce qu’elles auraient aimé être ; car cela les obligerait à faire une remise en question trop profonde qui les forcerait à apporter des modifications trop importantes dans leurs vies. Le confort de l’habitude prend le dessus, on écarte la vision critique de soi-même et on continue comme avant.
– Serge Mongeau

Mon papa et ma grand-mère m’ont toujours gâtée. J’ai été élevée comme une fille unique, mes parents étant divorcés et mon frère vivant à l’autre bout du monde avec ma mère. Je ne pense pas avoir été très demandeuse mais je sais que quand je voulais quelque chose, je ne devais pas attendre longtemps avant de l’avoir. J’ai grandi avec des supermarchés autour de moi, j’ai reçu plein de jouets en plastique « made in china » avec lesquels je jouais 2 jours avant de finir par m’en lasser. J’ai grandi avec les nouvelles technologies, j’ai eu mon premier téléphone portable à 16 ans (un bon vieux Nokia 3210) et puis tous les 2 ans, j’en ai eu un nouveau sans jamais me préoccuper de tout le cheminement qu’il avait fait avant de finir entre mes mains, tout cela, jusqu’à mes 29 ans.

J’avais beau avoir tout ce que je voulais (ou presque), je n’étais pas heureuse. J’avais régulièrement des coups de blues, je me sentais frustrée par rapport à ce que les autres possédaient puis après un énième coup de blues, un jour où je faisais le point sur ma vie, un joyeux bordel que j’avais de la peine à gérer, je me suis posée une question fondamentale pour moi : qu’est-ce qu’il faut faire pour être heureux ?

C’est idiot, mais le seul interlocuteur présent à ce moment-là était Google. Je lui ai posé la question et voici ce qui en est principalement ressorti :

La simplicité volontaire est un mode de vie consistant à réduire volontairement sa consommation ainsi que les impacts de cette dernière, en vue de mener une vie davantage centrée sur des valeurs définies comme « essentielles ». Cet engagement personnel et/ou associatif découle de multiples motivations qui vont habituellement accorder la priorité aux valeurs familiales, communautaires et écologiques.

Je me suis questionnée sur mon mode de vie, de consommation. Avant, comme beaucoup de monde, j’aimais bien être à jour au niveau des dernières avancées technologiques. Je dépensais le peu d’argent que je gagnais dans des tablettes, des smartphones, des ordinateurs, des jeux vidéos et autres babioles en tout genre (oui, j’étais une geek). J’ai constaté que j’avais pas moins de 4 smartphones en parfait état de marche qui attendaient au fond de mon armoire une potentielle seconde vie. La cause : le renouvellement annuel de l’abonnement de téléphone qui donne droit à un nouveau portable. Pourquoi s’en priver puisqu’il nous est proposé ? J’étais quelqu’un qui se laissait énormément influencer par la publicité, les couleurs, le packaging et je ne me demandais jamais vraiment a quoi cela allait me servir, je fonctionnais à l’achat compulsif, sans prendre le temps de comparer avec les produits similaires.

L’autre problématique de ma vie, c’était mon salaire que je trouvais anormalement bas pour le job que je faisais. Cette constatation a fait que j’ai perdu toute motivation au boulot. A quoi je sers ? Mon salaire faisait naître d’autres frustrations : Pourquoi lui peut-il s’acheter ceci et pas moi alors que je me casse le derrière à bosser 42 heures par semaine pour le même foutu job ? Je veux ce smartphone mais je n’en ai pas les moyens… Tout un tas de questions existentielles qui en fait, n’ont pas lieu d’être. Le problème de ma vie était donc que j’étais inconsciemment en compétition avec mes connaissances pour le plus chouette portable, les plus belles fringues, le plus mieux, le plus meilleur. En gros, plus j’avais des trucs cools et plus j’avais l’impression de l’être… Et surtout, moins j’avais d’argent pour faire les trucs que MOI j’aimais faire (les livres, le cinéma, les jeux de société, le sport…) C’est un cercle extrêmement vicieux ! C’est le monde du « par-être et avoir ».

A la suite de quoi, j’ai fait un rapide bilan de l’encombrement de notre petit appart. Chez nous, nous avions deux tours d’ordinateurs que nous n’utilisions jamais car nous avions chacun notre portable ainsi qu’un moniteur qui prenait la poussière. Nous avions une WII, une Xbox 360, une PS1, une PS2 et une PS3. Des jeux PS1 et PS2 qui ne tournaient plus sur la PS3 et qui prenaient la poussière sur une armoire, une WII que j’utilisais une fois tous les 3 mois et une Xbox abandonnée au profit de la PS3…

Un des concept du minimalisme, c’est de se débarrasser (donner, vendre ou jeter) des choses dont on a absolument pas besoin (à savoir qu’on n’utilise moins d’une fois par année), qui nous volent de l’espace et qui prennent la poussière, nous obligeant a faire deux fois plus de ménage et surtout, ne jamais avoir « à double ». Vous remarquerez que votre cave ou votre grenier grouille de ce genre d’objets inutiles mais on n’ose pas les jeter, on se dit : « ça pourrait servir un jour… ».

Premièrement, nous avons décidé en commun accord de nous séparer de ces objets qui nous étaient dorénavant inutiles qu’on planque dans les tiroirs à l’abri de nos regards. Cela tombe bien, nous déménagions dans un nouvel appart moins de 6 mois après mon illumination. Ce fut toujours ça de moins à déménager.

Une fois une partie du débarras effectué, on a tout de suite eu cette sensation d’un gros poids en moins sur nos épaules. Ces grosses casseroles qu’on traînait derrière nous, basta ! On avait beaucoup plus de place dans notre 60 m2 et tout semblait plus propre, plus zen ! On circulait beaucoup mieux dans les pièces et on avait presque plus envie de déménager (non je déconne…). L’appartement avait soudain un tout autre visage et nous montrait sa véritable superficie.

Pour notre nouvel appartement, nous avons eu la chance de pouvoir choisir les matières et les couleurs pour les sols, les couleurs de portes, le mobilier de salle de bain, la forme et la composition de la cuisine,… L’avantage d’acheter sur plan, vous pouvez quasiment tout modifier selon vos goûts (je ne pense pas que cette occasion se présentera à nouveau dans notre vie). Pour le coup, nous n’avons pas oublié que nous avions deux chats assez bordéliques et que nous pensions à l’avenir avoir un bébé. Nous avons choisi uniquement des meubles suspendus, fixés aux murs et qui ne touchent pas le sol, idéal pour le passage du robot aspirateur (toujours ça de moins à faire). Nous avons choisi du carrelage pour toutes les pièces sauf les chambres à coucher (parquet stratifié). Les salles de bain et de douche sont carrelées également sur tous les murs, plus simple également pour les nettoyages. A la cuisine, la totalité du plan de travail et l’îlot sont en granit noir brillant (là aussi, un coup de chiffon et c’est propre). Nous avons choisi des meubles de cuisine rouges mat pour éviter un maximum les traces de doigt. Aucun rangement n’est « ouvert » (sans porte, pour éviter la poussière mais surtout, pour cacher du regard). Nous avons mis la priorité sur la sécurité au niveau de la cuisine (fours légèrement surélevés avec possibilité de programmer une sécurité enfant, plan de cuisson à induction). L’avantage de vivre en appartement, c’est qu’il n’y a pas d’escaliers. La porte du balcon est extrêmement difficile à ouvrir pour un enfant. Ce que je trouve chouette dans notre appart sous combles, c’est que toutes les fenêtres descendent jusqu’au sol mais ne s’ouvrent qu’à la moitié supérieure. Cela permet aux enfants (et aux chats) de voir dehors sans devoir grimper et de causer des drames (ça fait aussi aquarium pour les gens depuis dehors…).

Ensuite, j’ai continué mes recherches et je me suis attaquée à ce gros problème qu’est la télévision. J’ai pu constater que ce boitier de plus d’un mètre de diagonale nous bouffait une grande partie de notre temps libre, nous hypnotisait, nous gavait de conneries en tout genre et surtout ne remplissait quasi plus aucun rôle en matière d’éducation et d’information. Étant moi-même une grande accro de la télé, il ne me fut pas facile d’envisager ma vie sans cette « présence » inutile. Malgré cela, je me suis mise un grand coup de pied au derrière et j’ai demandé à mon chéri s’il serait d’accord qu’on résilie l’abonnement du câble. Au départ, il était très réticent mais finalement, comme moi, il a décidé d’essayer. Au pire, on pourrait se réabonner plus tard. Alors j’ai envoyé ma lettre de résiliation et il a fallu renvoyer le petit boîtier de la télé. On a quand même vécu toute notre vie avec une télé, on n’allait pas s’en séparer définitivement, surtout qu’un gros meuble TV sans TV… ben ça fait un peu con. Alors on a acheté un boîtier vendu tout à fait légalement en Suisse (la Kbox) et qui nous permet de visionner des films et des séries en streaming. On a payé le boîtier 150 francs et ensuite tout est gratuit, pas d’abonnement. Quel kif de voir les deux dernières saison de Game of Thrones en VF et en excellente qualité ! Bref, on ne regarde plus que ce qu’on a réellement envie de voir. Plus de télé-réalité, plus de téléjournal déprimant ! Un nouveau pas vers la zen attitude (MAJ du 13.01.2017, maintenant que nous avons accès à une multitude de séries complètes et de derniers films sortis au cinéma, nous passons encore plus de temps devant la télé…, va falloir qu’on se pose des questions). De plus, je suis devenue une grande fan de Dominique Loreau, cette française qui s’est expatriée au Japon, le pays de l’art du minimalisme. Grâce à ses livres, j’ai pu apprendre à me lester de ces objets sur lesquels j’avais posé tant d’affection. J’ai appris à gérer mon budget et à vivre plus simplement (même si les fins de mois sont toujours compliquées).

Au niveau de la consommation alimentaire, terminé les commissions sans liste d’achat où on se retrouvait avec 200.- de courses pour 3 jours… Désormais c’est liste obligatoire avec chaque vendredi soir, préparation de la liste des ingrédients pour la semaine à venir.

Je ne suis pas du tout une extrémiste. Je ne suis pas une super écolo bien que j’aie une certaine conscience écologique et que j’adore les animaux (quoique des fois mes chats me rendent dingue). Je tri mes déchets, je jettes les restes au compost mais je ne suis pas du genre à faire popo sur des toilettes sèches ni a vivre dans une yourte sans électricité et à devoir aller chercher l’eau au puits (quoique ça ne me parait pas inenvisageable). Je profite quand même des technologies mises à notre disposition car j’ai la chance de pouvoir en bénéficier mais j’ai décidé de ne plus en abuser. J’ai décidé de mieux gérer mon argent, mieux gérer mon temps et mieux gérer mes relations. Désormais, avant d’acheter quelque chose, je me demande si cela me sera vraiment utile à long terme. Sinon, je laisse tomber. Je regarde d’abord la qualité et le prix passe en second. Je compare beaucoup plus et étonnamment j’économise des sous. Je lis les avis et les tests sur Internet avant de me décider. En bref, le luxe que j’ai encore, c’est ma voiture, mon ordinateur portable, ma kobo, mes écouteurs et ma montre de sport et mon téléphone portable. Tout le reste, ce sont des produits de bases (meubles indispensables, nourriture et vêtements). Pas de surplus de déco, juste le nécessaire pour faire un minimum cosy. On ne vit pas plus mal, au contraire ! Moins de prises de tête, plus de temps !

Notre arme de destruction massive contre le temps perdu est et restera toujours le minimalisme ! Que de temps perdu en moins dans les supermarchés quand vous passez à ce mode de vie. Que de temps en moins à faire le ménage puisqu’il n’y a quasiment rien à ranger (et on range au fur à mesure ce qu’on utilise, c’est juste une question de bon sens…). Le soir, quand je rentre du travail, la maison est nickel car il est inconcevable de partir bosser en laissant derrière nous une maison crado. Quand on donne le biberon à Petite Moi, immédiatement après, on le lave (on essaie…). Quand on cuisine, immédiatement après, on fait la vaisselle et on la range. En la faisant à 2, ça prend 5 minutes ! Après avoir fini de lire un livre, on le range dans la bibliothèque et on ne le laisse pas sur le coin de la table. Quand on a fini de boire un verre d’eau, on le met ensuite au lave-vaisselle.  C’est toujours mieux que de laisser accumuler dans le lavabo. Une fois que Petite Moi est au lit, je lance une lessive (si besoin). Quand la journée de Petite Moi touche à sa fin, on range tous ses jouets dans son coffre et elle a beaucoup de plaisir à le faire. Ce sont de petits réflexes qui nous font gagner beaucoup de temps.

Je viens de terminer le désencombrement de la cuisine et de la salle de bain. J’ai supprimé tous les doublons (les objets que nous avions à double comme les éplucheurs et les théières. Je me suis séparée avec un pincement au cœur de mes petites machines à café et à thé (à capsules évidemment…) pour les remplacer par la machine à café Jura qui moue le grain (d’occasion) que chéri voulait pour son Noël (moins de déchets, du meilleur café sans saletés dedans, de l’eau chaude à la demande pour mon thé, que je fais désormais avec des sachets qui se compostent). Après l’avoir lavée et après 3 ans d’utilisation, elle paraît comme neuve. Je vais prochainement m’attaquer à tous mes biens personnels que je conserve au grenier (et donc qui ne servent à rien…).

Je me demande quelle aurait été ma vie si nous n’avions pas adopté la SV avant notre déménagement et mon accouchement. Dernièrement, je me suis séparée des derniers « souvenirs » qui encombraient mon armoire (comme mon premier iPod offert par ma grand-mère et qui ne fonctionnait plus mais que je gardais parce que je n’avais pas le cœur de le jeter). Il y a toujours des choses que nous gardons et qui ne servent à rien, auxquelles on accorde énormément de valeur sentimentale. Ce sont ces choses qui nous pèsent. A partir du moment où vous arrivez à vous détacher de tout ce qui est matériel et en arrêtant d’y ajouter de la valeur « affective », vous pouvez enfin commencer à vivre réellement, à profiter de votre temps libre plus intelligemment (je bosse presque toute la semaine, je n’ai pas envie de passer le reste de mon temps libre à dépoussiérer des trucs qui ne servent à rien !). Il s’agit d’un déclic qui peut prendre du temps à venir voir même jamais. Il faut juste se poser les bonnes questions sur le sens que l’on donne à son unique vie. Moins de temps à poutser, c’est plus de temps à consacrer à ceux qu’on aime.

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